Brexit : le coup de poker et le dilemme de Boris Johnson – Le Monde

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Boris Johnson lors d’une visite dans un centre national d’énergie renouvelable à Blyth (Royaume-Uni), le 11 décembre.

Un « no deal » ? Il y a « une chance sur un million pour que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne [UE] sans accord », avait lancé Boris Johnson, en juin 2019. Il n’était encore qu’aspirant premier ministre et évoquait le traité de divorce entre Londres et Bruxelles – qui a finalement été ratifié fin 2019, après bien des péripéties. Celui qui doit désormais être agréé au plus tard le 31 décembre concerne la « relation future » entre les deux parties.

C’est pourtant le même homme – le cheveu toujours indiscipliné, le langage aussi fleuri – qui a lancé jeudi 10 décembre depuis Downing Street, au moment où les vingt-sept dirigeants de l’UE se réunissaient à Bruxelles pour leur dernier sommet européen de l’année, qu’« il y a maintenant une forte possibilité » pour que le Royaume-Uni échoue à boucler un traité de libre-échange dans les temps. « C’est très, très probable », a-t-il de nouveau lancé vendredi, les Britanniques et les entreprises « doivent se préparer ».

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Faut-il prendre le premier ministre britannique au mot ? Ses détracteurs, au Parti travailliste et dans les rangs des opposants au Brexit, raillent volontiers ce conservateur connu pour son rapport aux faits parfois approximatif. N’avait-il pas assuré aux Nord-Irlandais, fin 2019, qu’il n’y aurait « aucun contrôle » douanier en mer d’Irlande après le Brexit ? Ces derniers jours, Londres et Bruxelles ont mis un point final aux modalités d’application du « protocole nord-irlandais », un élément central du divorce, qui confirment le contraire.

Il est vrai qu’après neuf mois d’intenses discussions, Européens et Britanniques n’ont toujours pas réussi à s’entendre sur les conditions d’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques (un sujet économiquement marginal mais à forte portée symbolique), ni surtout sur les conditions d’une concurrence équitable entre leurs économies, les Vingt-Sept conditionnant l’accès sans quotas ni droits de douane à leur énorme marché intérieur à un alignement de Londres sur leurs règles environnementales ou sociales. Mercredi 9 décembre, à l’issue d’une discussion « franche », Boris Johnson avait quitté Bruxelles sans être parvenu à faire bouger Ursula von der Leyen sur ces questions de concurrence. Vendredi matin, la présidente de la Commission européenne a elle-même jugé que la « probabilité d’un “no deal” est désormais plus élevée » que celle d’un « deal ».

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