Brexit : cette fois, c’est signé et fini – Libération

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C’est la dernière étape du Brexit. Ce mercredi matin, le Premier ministre Boris Johnson a présenté aux députés l’accord commercial conclu le soir de Noël entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Le projet de loi «montre que notre pays peut être à la fois européen et souverain», a prétendu Boris Johnson juste avant le début des discussions.

Pendant l’après-midi, le texte de 1 246 pages a été largement approuvé au Parlement. Une adoption qui ne faisait guère de doute vu la majorité dont dispose le gouvernement conservateur. Même les plus fervents partisans du Brexit de l’European Research Group sont rentrés dans le rang, estimant que l’accord «préserve la souveraineté britannique».

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Le texte est désormais entre les mains de la Chambre des lords. Et malgré un grand nombre d’anti-Brexit dans leurs rangs, le projet de loi devrait être approuvé confortablement vers 23 heures, et recevoir dans la foulée le Royal Assent, le sceau royal.

Avion de la Royal air force

Après le feu vert des Vingt-Sept en début de semaine, ce vote permettra aux deux parties de ratifier in extremis l’accord commercial avant la fin de la période de transition, pour une entrée en vigueur jeudi soir à 23 heures à Londres, soit minuit à Bruxelles.

Quelques heures avant le vote, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et son homologue du Conseil, Charles Michel, avaient, eux aussi, signé l’accord. Ces documents ont été acheminés par un avion de la Royal Air Force à Londres pour être paraphés par Boris Johnson.

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Pendant toute la journée, les députés britanniques ont donc débattu et voté le projet de loi qui définira les futures relations entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni, en dépit de la rébellion de certains travaillistes la veille du vote au Parlement.

«Tomber dans le piège»

Les députés John McDonnell et Clive Lewis ont notamment accusé le chef du Labour, Keir Starmer, de «tomber dans le piège du ralliement autour de ce mauvais accord» et l’avaient exhorté à «changer de cap». Le 24 décembre, jour de l’annonce d’un accord commercial post-Brexit, Keir Starmer avait déclaré qu’il voterait pour cet «accord parce que c’est toujours mieux que pas d’accord du tout. Mais, je veux rappeler au gouvernement que lui seul en assumera les conséquences».

L’atmosphère est aussi devenue électrique lorsque le chef du Parti national écossais a interrompu à plusieurs reprises le Premier ministre britannique. Alors que Boris Johnson affirmait avoir noué une «nouvelle relation fantastique avec ses voisins européens», le chef du SNP, Ian Blackford, a exigé la parole : «Je me demande simplement comment diable le Premier ministre peut parler de reprendre le contrôle des eaux alors que les pêcheurs écossais auront moins d’accès aux zones de pêche et moins de poissons à pêcher ? Les Ecossais sont souverains, et ils feront le choix de retourner au sein de l’Union européenne en votant pour l’indépendance !» En Ecosse, qui a voté à 62% contre le Brexit en 2016, les sondages montrent désormais une majorité de la population favorable à l’indépendance.

Nina Guérineau de Lamérie correspondance à Londres

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