Bordeaux : Sandra, tuée par son ex-compagnon qui avait interdiction de s’approcher d’elle – Le Parisien

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C’est un quartier paisible et résidentiel de Bordeaux, à l’écart du centre-ville. Depuis vendredi, Saint-Augustin est sous le choc, traumatisé par le meurtre d’une jeune femme. À quelques centaines de mètres seulement du quartier d’Arlac à Mérignac où le 7 mai, Chahinez Boutaa, une maman de trois enfants, avait été tuée dans d’atroces circonstances.

Cette fois-ci encore, les enquêteurs de la direction zonale de la police judiciaire pour le Sud Ouest, comme le parquet, retiennent le féminicide. Le compagnon de la victime, Mickaël F., originaire de Chartres et âgé de 37 ans, a été placé en garde à vue vendredi du chef d’homicide par conjoint. À l’issue de celle-ci, il devait être mis en examen et incarcéré à la maison d’arrêt de Gradignan. Il venait d’être placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne.

Vendredi vers 9h30, un riverain appelle, affolé, le commissariat central de Bordeaux. Il donne l’alerte après avoir entendu les cris d’une femme provenant du 32 bis, rue de la Camena-d’Almeida. Rapidement sur place, la patrouille de police découvre l’horreur. « Les premiers effectifs ont pénétré par le portillon d’accès à la maison mais personne ne répondant aux appels, ils sont entrés à l’intérieur du domicile et ont découvert le corps sans vie d’une femme dans le salon, le visage en sang, portant manifestement des coups de couteau » a indiqué la procureure de la République de Bordeaux Frédérique Porterie dans un communiqué.

Une séparation qui se passait très mal

Malgré la rapidité des secours, la victime, très grièvement atteinte notamment à la gorge, ne peut pas être ranimée. Sandra P. avait 31 ans. Elle vivait là depuis quelques mois. Elle était la mère d’une fillette de quatre ans, qui n’était pas présente au moment des faits. L’enfant fait depuis l’objet d’une prise en charge psychologique et sociale, précise le parquet. Sur décision du juge des affaires familiales survenue en mai, Sandra P. en avait la garde exclusive depuis sa séparation avec son compagnon qui était en cours depuis janvier. Une séparation qui se passait très mal.

Selon un proche de l’enquête, des voisins de la jeune femme auraient signalé à plusieurs reprises au commissariat le harcèlement de Mickaël F. Il venait souvent devant la maison. La victime avait peur de lui, au point que ses parents étaient venus habiter chez elle jusqu’au printemps. Alors immédiatement, les soupçons se sont portés sur l’ex-compagnon, qui habite à quatre cents mètres de là, rue Émile-Combes à Mérignac. L’auteur présumé des faits s’est barricadé chez lui au moment où les forces de l’ordre se sont rendues sur place. Vendredi, lorsqu’il aperçoit les policiers, il menace de mettre fin à ses jours. Les autorités sollicitent alors l’intervention du Raid. Mickaël F. est interpellé à midi quelques heures après les faits sans effusion de sang. Les policiers d’élite ont utilisé des grenades assourdissantes, ce qui a provoqué un certain émoi dans le secteur.

Sandra P. avait déjà déposé plainte

La procureure de la République de Bordeaux a apporté plusieurs éléments sur le meurtrier présumé et son profil. Il avait déjà été condamné à six reprises entre 2004 et 2009, « mais jamais pour des faits de violence », a déclaré Frédérique Porterie. Il s’agissait d’infractions routières et à la législation sur les stupéfiants. Rien qui puisse susciter une nouvelle polémique après le rapport ministériel sur le féminicide d’Arlac il y a deux mois qui avait fustigé les dysfonctionnements dans le suivi du meurtrier présumé de Chahinez Boutaa.

En revanche, un élément capital devrait donner un éclairage d’autant plus révoltant aux faits survenus vendredi. Là encore, la victime Sandra P. avait déposé plainte contre son ex-compagnon. Entre le 3 janvier et le 17 juin, il lui avait envoyé à de nombreuses reprises des « messages malveillants par voie électronique » selon la magistrate. Le mardi 29 juin, Mickaël F. avait même été déféré et placé sous contrôle judiciaire. Il avait interdiction d’entrer en contact avec elle, l’obligation de se soumettre à des soins et d’en justifier. Il devait comparaître le 16 novembre devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Sa dangerosité potentielle n’avait pas été appréhendée à ce stade. Pourtant, trois jours plus tard, Mickaël F. aurait donc commis l’irréparable. S’il est déclaré coupable, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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