Berlin ferme certaines frontières terrestres pour contenir la diffusion des variants – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Contrôle des automobilistes à la frontière entre Allemagne et République tchèque, le 14 février 2021.

L’histoire se répète. Comme elle l’avait déjà fait en mars 2020, lors de la première vague de Covid-19, l’Allemagne a décidé de fermer certaines de ses frontières terrestres. Depuis dimanche 14 février, il est de nouveau pratiquement impossible d’entrer sur le territoire allemand depuis la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol, classées « zones de variants du virus » par l’institut de santé publique Robert Koch.

A l’exception des personnes travaillant dans la santé et l’agriculture ainsi que des chauffeurs routiers, qui doivent être munis d’un test négatif et d’une attestation de leur employeur, tous les passages sont désormais interdits. Dimanche midi, plus de 1 700 contrôles avaient déjà été effectués et 530 véhicules s’étaient vu refouler à la frontière, selon la police allemande, laissant craindre des temps d’attente plus longs à partir de lundi, jour d’activité normale.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : en Allemagne, l’amélioration de la situation sanitaire nourrit l’impatience de la population

Annoncée, jeudi, par le gouvernement allemand, la décision a été condamnée par la Commission européenne. « La peur suscitée par les variants du virus est compréhensible, mais la vérité oblige à dire que le virus ne se laisse pas arrêter par des frontières fermées, a déclaré au quotidien bavarois Augsburger Allgemeine la commissaire à la santé, Stella Kyriakides. La seule chose qui aide, ce sont les vaccins et les mesures de précaution sanitaires, il est à mon avis erroné de revenir, comme en mars 2020, à une Europe des frontières fermées », a-t-elle ajouté.

« Ça suffit ! »

La Slovaquie, qui n’a pas de frontière avec l’Allemagne mais figure elle aussi parmi les « zones de variants du virus » identifiées par Berlin, a également protesté contre l’obligation imposée aux chauffeurs routiers de présenter un test négatif pour pouvoir entrer en Allemagne. « Cette mesure va créer de très gros problèmes. Dans la pratique, elle n’est pas réalisable », a fait savoir le ministre slovaque des affaires étrangères, Ivan Korcok, auprès de son homologue allemand, Heiko Maas.

A ces critiques, Berlin a répondu vertement. « Maintenant, ça suffit ! », a réagi le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, dans le quotidien Bild. Selon lui, la Commission européenne, déjà très critiquée en Allemagne en raison de la lenteur de la campagne de vaccination, a « commis assez d’erreurs » comme cela « et devrait nous soutenir plutôt que nous mettre des bâtons dans les roues avec ses conseils ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Vaccins contre le Covid-19 : Angela Merkel défend l’approche européenne face aux critiques

Outre-Rhin, la décision suscite assez peu d’émoi. Jusque-là, les seules réserves sont venues de la Fédération de l’industrie automobile, qui craint des ruptures d’approvisionnement dans les usines allemandes dépendantes de sous-traitants basés en Europe centrale.

Il vous reste 32.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: