Benoît Hamon apporte son soutien au maire de Trappes, « menacé de mort » à son tour – Le Monde

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Benoît Hamon et son parti Génération.s ont demandé samedi 13 février la protection du maire de Trappes (Yvelines), Ali Rabeh, cible selon eux d’un « déferlement de haine » ainsi que de « menaces de mort », contre lesquelles M. Rabeh a déposé plainte.

Le maire de Trappes est en conflit avec un professeur de philosophie de la ville, Didier Lemaire, qui dénonce « la progression d’une emprise communautaire toujours plus forte » sur ses élèves au même titre que « l’absence de stratégie de l’Etat pour vaincre l’islamisme ». Depuis la publication le 5 février d’un article dans l’hebdomadaire Le Point, et dans lequel il raconte son quotidien « sous escorte policière armée », le professeur enchaîne les plateaux de télévision et les émissions de radio. C’est en raison de la répercussion médiatique de cette affaire que le maire de Trappes se dit victime de « menaces de mort ».

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« Après plusieurs plaintes déposées pour menaces de mort, votre plate-forme Pharos m’informe d’une nouvelle menace sérieuse. Emmanuel Macron, Gérald Darmanin, Valérie Pécresse : pas un mot de votre part pour défendre un élu de la République. Comment interpréter votre silence ? », s’est interrogé Ali Rabeh samedi sur Twitter.

Enjeux politiques

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, avait demandé vendredi aux côtés de Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la « révocation » du maire Génération.s, qui aurait distribué dans un lycée un tract « attaquant frontalement » le professeur Didier Lemaire.

Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s et ancien maire de la ville, a lui défendu l’actuel maire de Trappes dans un Tweet publié samedi : « Un maire victime d’un racisme massif et abject, plusieurs fois menacé de mort. Valérie Pécresse ne demande pas sa protection mais sa révocation. Ali Rabeh doit être protégé ». Dans un communiqué, Génération.s a également apporté son soutien à l’édile, qui « défend au quotidien les valeurs de la République et combat ceux qui l’attaquent ». « Nous refusons que la question des quartiers populaires soit réduite à une opposition aveugle entre angélisme béat et haine anti-musulmans », peut-on lire dans le communiqué.

Le maire de Grenoble, Eric Piolle (EELV), a lui aussi apporté son soutien à l’édile sur Twitter : « Elu de terrain, c’est bien lui qui est au chevet de la République du matin au soir. Caricaturer les problèmes qui existent ne peut que les amplifier. »

Protection rapprochée

Enfin, deux responsables du Rassemblement national, Jordan Bardella et Laurent Jacobelli, se sont rendus à Trappes vendredi. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait en milieu de semaine proposé au professeur de philosophie une « protection rapprochée », qui l’a acceptée, en expliquant par ailleurs qu’il allait « quitter l’enseignement mais pas forcément l’Education nationale ».

Cette polémique intervient en plein tourbillon politique local. Le 2 février, le tribunal administratif de Versailles avait annulé l’élection municipale de mars 2020 à la suite d’un recours déposé par la liste d’opposition Engagement Trappes Citoyens, qui dénonce des manquements au code électoral. Ali Rabeh a fait appel de cette décision. Le Conseil d’Etat devrait trancher dans les six mois. En attendant, Ali Rabeh reste maire de Trappes, mais il est fragilisé. Voici donc un boulevard pour l’opposition et son candidat Les Républicains (malheureux aux municipales) Othman Nasrou, premier vice-président de la région Ile-de-France et proche de sa présidente, Valérie Pécresse.

Le Monde avec AFP

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