Bagarre, policiers agressés et Covid-19… une gigantesque fête sauvage dégénère dans le Val-de-Marne – Le Parisien

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La soirée était si débridée, l’ambiance à ce point psychédélique et la fureur des belligérants tellement incontrôlable qu’il a fallu de longues minutes à la douzaine de policiers pour faire comprendre aux plus de 300 invités que non, cet uniforme n’était pas un déguisement.

Fallait-il insister? Car c’est bien sous un déluge de projectiles variés que les fonctionnaires se sont retrouvés en tentant de mettre un terme à cette rixe au cours d’une fête sauvage, dans la nuit de vendredi à samedi à Joinville-le-Pont.

Tout commence peu avant deux heures du mat’

Dans ce loft, pris à partie par une centaine de convives, les policiers ont répliqué avec leurs moyens de défense. Le jet de deux grenades de désencerclement a refroidi les ardeurs des agresseurs. Tous les invités ont pris la fuite. L’un d’entre eux a été retrouvé dans une rue voisine. Il souffre d’une blessure grave au niveau de l’oeil. Il a expliqué avoir été touché par un tir de LBD avant d’être conduit à l’hôpital.

C’est le seul blessé sérieux de cette nuit hallucinante. Tout commence peu avant deux heures. Comme chaque semaine quasiment, le rythme des basses commence à taper sur le système des habitants d’un quartier tranquille de Joinville-le-Pont. Ici, tout le monde sait qu’un des riverains loue son loft pour des fêtes clandestines.

Images issues d'un compte privé sur SnapChat ou l'on voit la fête clandestine dans la nuit de vendredi 13 novembre avec plus de 300 personnes. Intervention des forces de l'ordre. La police intervient sur place/DR
Images issues d’un compte privé sur SnapChat ou l’on voit la fête clandestine dans la nuit de vendredi 13 novembre avec plus de 300 personnes. Intervention des forces de l’ordre. La police intervient sur place/DR  

Est-ce un voisin excédé qui appelle la police ? Ce n’est même pas sûr. À Créteil, à la salle de commandement, un fonctionnaire reçoit un appel pour une rixe qui vient d’éclater lors d’une fête sauvage réunissant 200 convives. On donne une adresse mais ce n’est pas la bonne. De toute façon, les quatre équipages de nuit envoyés sur place n’ont aucun mal à savoir où se déroule cette soirée.

La salle principale du loft fait 300 m2

Elle se tient dans ce pavillon moderne auquel les fonctionnaires n’ont pas accès. Le portail fermé fait trois mètres de haut et des barbelés dissuadent toute escalade. La douzaine de policiers attendent quelques minutes et profitent du départ d’un convive pour « s’incruster ». Ils traversent une cour pavée et remarquent à leur droite qu’une porte est gardée par un colosse.

Le vigile ne veut pas avoir d’ennuis. Il conduit les fonctionnaires jusqu’à une deuxième porte. Quand il l’ouvre, les policiers découvrent une véritable de boîte de nuit. Dans cette salle de 300 m2, il n’y a pas 200 convives mais « 300 à 400 personnes », n’en revient toujours pas un des policiers qui est intervenu.

Evidemment, les seules lumières ce sont les faisceaux laser qui balaient les danseurs. À l’entrée, un bar a été monté pour les consommations. Il y a tellement de hauteur sous plafond que les convives se retrouvent dans des coursives.

Bagarre générale au milieu de la piste

Des tables ont été disposées pour ceux qui fument la chicha. La musique est, sans surprise, assourdissante. Les policiers se frayent un passage sur la piste. Ils remarquent qu’à un endroit de la salle géante, une rixe oppose une centaine de personnes. Une bagarre à coups de bouteilles qu’on s’explose sur la tête.

Plusieurs invités ont le visage en sang. Les fonctionnaires cherchent à comprendre qui se bat contre qui. Mais il n’y a pas deux groupes de belligérants. Tout le monde se bat de façon anarchique. « Police », hurlent les forces de l’ordre. Aucun effet. Trop de bruit, trop d’alcool.

Les combattants se retournent contre les forces de l’ordre

Pour faire comprendre qu’ils sont là, les policiers braquent leurs torches sur le visage des convives. Cela fonctionne. Au fur et à mesure, les combattants arrêtent de se frapper entre eux. Leur fureur se concentre à présent sur les forces de l’ordre. Des bouteilles des canettes, des cigarettes électroniques et même des appareils à chichas sont lancés sur les fonctionnaires. Ces derniers tentent de reculer. Mais c’est impossible. Comment partir en courant d’une piste de danse bondée ?

Toujours arrosés de projectiles, les policiers font usage de leurs moyens de défense intermédiaires en direction des personnes les plus proches d’eux. La détonation des grenades de désencerclement produit l’effet escompté. Les agresseurs prennent la fuite. À vrai dire, la douzaine de policiers aussi. Ces derniers parviennent à se replier jusqu’à la cour pavée.

Pendant ce temps, des renforts sont arrivés. De l’extérieur, ils assistent à un étrange ballet sur le toit du loft par lequel des convives tentent de s’enfuir. « Certains étaient ivres, ils risquaient de tomber », raconte une source policière. La situation est tellement ubuesque que personne n’est interpellé. Une fois que tout le monde est parti, les fonctionnaires entrent à nouveau dans la boîte de nuit géante. Ils se rendent compte qu’il y avait dans ce loft une piscine et un hammam. Par terre, au milieu des bris de verre, des préservatifs usagés.

Le coronavirus parmi les invités

Ce n’est qu’une demi-heure plus tard qu’un des convives appelle les secours. Il a été retrouvé dans une rue voisine grièvement blessé à l’oeil. Le Samu l’a transporté à l’hôpital Cochin. Les policiers ont eux déposé plainte pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Une enquête a évidemment été ouverte. En début de matinée ce samedi, le propriétaire du loft n’était pas encore joignable.

Un nouveau rebondissement est intervenu ce samedi après-midi, avec la découverte d’un indésirable lors de ces festivités. « L’un des participants à la fête clandestine qui s’est déroulée cette nuit à Joinville-le-Pont s’étant avéré positif à la Covid-19, la préfecture de police invite tous les participants à se faire dépister dans les meilleurs délais et à s’isoler », a annoncé cette dernière sur Twitter, en appelant « à la responsabilité de l’ensemble des participants à cette soirée ».

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