Bac : des épreuves de première menacées de boycott – Ouest-France

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E3C, comme « épreuves communes de contrôle continu »… une abréviation source de beaucoup de stress pour les lycéens et leurs enseignants. Ces nouvelles épreuves du bac, en première et terminale, compteront pour 30 % de la note finale. À partir de lundi 20 janvier, les élèves de première vont passer une première série d’E3C : histoire-géographie, langue vivante A et B, et aussi maths pour les bacs technologiques.

Les dates sont différentes dans chaque lycée, tout comme les sujets des épreuves, choisis dans une banque nationale de sujets par le chef d’établissement, sur proposition de ses enseignants. Enfin, si tout se passe comme le ministère l’a prévu, car sur le terrain, rien n’est moins sûr…

Fronde intersyndicale

Un mouvement de fronde gronde à l’appel de syndicats enseignants publics et privés (Snes, CGT, SUd, Unsa, CFDT, Snalc, Sundep, Spelc, Cgc) qui appellent au boycott de ces épreuves, jugées trop précoces, mal préparées et qui mettraient les élèves en difficulté.

Un bras de fer est engagé dans de nombreux lycées. Lundi 13 janvier, déjà, une épreuve d’anglais a dû être annulée au lycée Daudet à Nîmes, par manque de surveillants. Au lycée Sévigné près de Rennes, les E3C prévus du 20 au 23 janvier ont été reportées à cause du risque de grève. Dans le Calvados, les enseignants de onze lycées refusent de choisir les sujets…

Contestation massive en Bretagne

Pétitions, occupations de lycée, grève de surveillance, refus de corriger les copies… les menaces ressemblent à la résistance de juin 2019 lors du bac en terminale. Aura-t-elle la même ampleur ? Ces actions sont le fait d’une petite minorité. Dans la grande majorité des établissements, les choses se présentent très bien, a relativisé jeudi, le ministre Jean-Michel Blanquer.

Une sérénité qui ne se retrouve pas au SNPDEN-Unsa, syndicat des personnels de direction. Le mouvement est assez imprévisible, mais les menaces sont très nombreuses, constate Pascale Le Flem, secrétaire académique du syndicat à Rennes. Dans son lycée à Redon (Ille-et-Vilaine), cette proviseure fait face à une situation partiellement bloquée. J’ai reçu le sujet de certaines matières. Dans d’autres, les professeurs ne disent pas s’ils vont le choisir ou pas. J’ai alerté le rectorat. En cas de refus, c’est aux inspecteurs académiques de choisir le sujet. Pas simple si les enseignants ne disent pas où ils en sont du programme…

Des enseignants très remontés

Les E3C doivent se dérouler en classe, en configuration habituelle (sans les tables séparées), avec un surveillant. Chez les proviseurs, on essaie de prévoir des plans B, comme des salles plus grandes pour avoir moins de surveillants en cas de grève. Mais le SNPDEN craint aussi des bugs lors de la numérisation des copies.

Côté enseignants, la coupe est pleine. On alerte depuis des mois sur la désorganisation de ces E3C, sur l’absence de consignes pour préparer les élèves, sur le retard des sujets, sur des sujets trop difficiles en histoire-géo pour le temps de l’épreuve…, énumère Gwenaël Le Pailh, du Snes-FSU. Si on nous avait écoutés, on n’en serait pas là. 

Ajouter à cela leurs peurs sur les risques de triche (un seul surveillant par salle de classe, aucun dans les couloirs pour les accès aux toilettes), pas d’info sur le logiciel de correction qu’ils devront utiliser pour la première fois, pas de confirmation écrite de leur prime de correction (50 € pour 35 copies), un temps de correction non prévu dans leur emploi du temps, le risque que l’encre des copies s’efface avec la chaleur du scan… Autant de paramètres qui font grimper l’agacement dans un contexte déjà tendu autour de la réforme des retraites.

« Tout est prêt », assure le ministre

Les parents d’élèves aussi s’inquiètent. On ne passe pas des partiels entre un cours de maths et un cours d’histoire-géo, peste-t-on à la FCPE du Calvados, qui parle de génération 2003 sacrifiée. La FCPE nationale réclame depuis décembre l’ajournement de ces épreuves, qui renforcent le stress des élèves, le bachotage et qui n’ont pas de plus-value pédagogique. À la Peep, autre fédération de parents, on appelle à ce que ces épreuves se passent dans un climat apaisé. Ce sera le cas, pense Jean-Michel Blanquer : Tout est prêt pour que cela fonctionne, a assuré mardi le ministre. Mais la situation devrait être très différente d’un établissement à l’autre.

Partager cet article Les lycéens en classe de première vont découvrir les épreuves communes de contrôle continu (E3C) du bac à partir du lundi 20 janvier.

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