Le leadeur de La France insoumise, poursuivi pour rébellion lors d’une perquisition, réitère, dans « le JDD », son accusation d’« exécution politique ».

Publié aujourd’hui à 09h59, mis à jour à 12h15

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Jean-Luc Melenchon lors d’une conférence de presse a la Maison de l’Amerique latine, le 12 septembre, présente son livre « Et ainsi de suite », en presence des députés LFI Alexis Corbière, Mathilde Panot et Adrien Quatennens.

Jean-Luc Melenchon lors d’une conférence de presse a la Maison de l’Amerique latine, le 12 septembre, présente son livre « Et ainsi de suite », en presence des députés LFI Alexis Corbière, Mathilde Panot et Adrien Quatennens. Julien MUGUET pour Le Monde

Poursuivi par la justice, Jean-Luc Mélenchon orchestre sa riposte sur le plan politique. Le leadeur de La France insoumise doit comparaître jeudi 19 et vendredi 20 septembre, aux côtés de cinq proches, devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour actes d’intimidation, rébellion et provocation lors de la perquisition de son domicile et du siège du mouvement en octobre 2018. Dans un entretien au Journal du dimanche, le 15 septembre, il dénonce la tenue de ce procès : « Ce n’est ni du droit ni de la justice. C’est juste une exécution politique. »

De retour d’un voyage en Amérique latine, il compare sa situation avec celle de l’ancien président brésilien Lula, qu’il a rencontré en prison, et de l’ex-présidente argentine Cristina Kirchner, considérant que la « guerre juridique se substitue là-bas aux coups d’Etat et aux assassinats ». Une analyse qu’il avait déjà développée lors d’une conférence de presse de rentrée, jeudi 12 septembre, à la Maison de l’Amérique latine, et dans un livre qui doit paraître le jour de son procès (Et ainsi de suite, Plon).

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Attaque contre Nicole Belloubet

Dans Le JDD, Jean-Luc Mélenchon élargit ses accusations, en citant les « gilets jaunes », la mort de Steve Maia Caniço ou les décrocheurs de portraits pour illustrer « la dérive autoritaire » de l’Etat. Il dénonce également le président Emmanuel Macron, qui « détruit les conquêtes sociales des Français ».

Dénonçant à la fois l’exécutif et la justice, M. Mélenchon s’en prend directement à la ministre de la justice, Nicole Belloubet, qui « n’ouvre aucune enquête contre les violations du secret de l’instruction » car elle a « peur de ses subordonnés ». Il évoque en particulier des « oublis fâcheux dans sa déclaration de patrimoine », concernant une maison dans l’Aveyron et deux appartements à Paris pour une valeur totale de 330 000 euros. La ministre avait dû déposer en janvier 2018 une déclaration rectificative à ce sujet, à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Vers un « dialogue » avec EELV

Alors que sa formation politique a enregistré un sérieux revers aux élections européennes en juin, avec seulement 6,3 % des voix, soit trois fois moins qu’à la présidentielle de 2017 (19,6 %), M. Mélenchon n’exclut pas un rapprochement avec le parti écologiste :

« Comment fédérer le peuple ? Si cela inclut le dialogue avec Europe Ecologie-Les Verts, qui est en prise directe avec les classes moyennes supérieures, nous le ferons. »

Interrogé sur une éventuelle candidature à la mairie de Marseille en mars, le député des Bouches-du-Rhône assure que « ce n’est pas à l’ordre du jour ».