Aux journées d’été des écologistes, la présidentielle 2022 à l’horizon – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Les militants applaudissent le discours de Yannick Jadot, lors des journées d’été écologistes à Poitiers (Vienne), le 19 août 2021.

« Le rôle d’un parti c’est de produire des idées, de discipliner des ego », aime à dire Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), dans une citation apocryphe de Michel Rocard. A Poitiers, la première des trois « Journées d’été des écologistes », jeudi 19 août, était riche des deux.

Niveau ego, Eric Piolle et Yannick Jadot, deux candidats souvent perçus comme favoris, avaient « carte blanche » pendant une heure chacun, dans un théâtre en plein air. La députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, l’écologiste « centriste » Jean-Marc Governatori et l’économiste Sandrine Rousseau étaient affichés pour vendredi.

En ouverture de ces journées marquées par la proximité de la primaire écologiste, qui se tiendra à partir du 16 septembre, Julien Bayou a pris soin d’appeler chacun à « perdre enfin l’habitude de perdre » pour 2022. « Le chemin de la victoire est serré mais il existe », a-t-il insisté.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La gauche fait sa rentrée dans le brouillard

En attendant les débats télévisés de septembre, sur France Inter et LCI, les candidats ont donc installé leur voix, leurs idées et leurs soutiens chacun à leur tour sur les pelouses du parc de Blossac. Une manière d’éviter un débat frontal risquant de tourner au vinaigre, tout en marquant tout de même de profondes différences dans les positionnements et les idées.

Eric Piolle s’adresse aux militants pendant sa carte blanche d'une heure, lors des journées d’été écologistes à Poitiers, le 19 août 2021.

Jeudi, si l’adresse de Yannick Jadot avait déjà des accents de dernière ligne droite pour la présidentielle, celle d’Eric Piolle ménageait le dialogue et l’autocritique, auprès de sympathisants écologistes partagés entre le souci d’accéder au pouvoir mais parfois aussi allergiques au « virilisme » de la vie politique ou à la personnalisation à outrance de la Ve République.

« J’ai pas le melon, j’ai la pêche »

Eric Piolle est entré en piste sous le premier rayon de soleil de la journée. Bien entouré, le maire de Grenoble a été ovationné entre autres par les « Jeunes pour Piolle » (JPP) et leurs pancartes arc-en-ciel pour « arc humaniste ». Le candidat a mis en valeur son expérience de maire – « Après 2014, j’étais invité partout pour dire que l’écologie peut gagner. Maintenant, je peux dire que l’écologie au pouvoir, ça marche ». Et tiré le bilan de son tour de France entrepris cet été. « Je ne suis pas désespéré, loin de là, j’ai la conviction que nous sommes de plus en plus nombreux. »

Eric Piolle accompagné de ses militants (Les JPP - Les jeunes pour Piolle), au premier jour des Journées Ecologistes de Poitiers (Vienne), le 19 août 2021.

L’édile n’a pas hésité à faire son autoportrait, celui d’un ancien ingénieur venu après sa carrière aux écologistes, d’un travailleur acharné qui s’« entraîne » à l’exercice du pouvoir. « Dans ma tête, je me suis conditionné, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, je me suis entraîné, je sais comment je fonctionne (…) il faut se fixer un cap, moi, jusqu’en 2032, mon projet de vie c’est ça. » Une posture qui, tout en confinant à l’humilité – « quand on me félicite, quand on me critique, c’est l’homme public que je porte sur mon dos, ça ne change pas qui je suis au fond de moi » –, faisait la part belle au discours sur soi.

Il vous reste 56.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: