Aux Etats-Unis, nouvelle affaire de violence policière contre un Afro-Américain, dans le Wisconsin – Le Monde

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A New York, une femme peint sur la chaussée le nom de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par des policiers blancs dans le Wisconsin, le 24 août.

La scène, filmée dimanche 23 août sur un téléphone portable, a un air tragiquement familier. Un Afro-Américain en short noir et en débardeur blanc se dirige vers sa voiture, suivi par deux policiers blancs, l’arme au poing. L’homme essaie de rentrer dans sa voiture ; les policiers l’entourent. L’un attrape son débardeur. Sept détonations retentissent. Jacob Blake, 29 ans, grièvement blessé, est transporté en hélicoptère à l’hôpital de Milwaukee (Wisconsin), où il a été opéré d’urgence dans un service de soins intensifs. Son état est jugé critique, mais en voie d’amélioration, selon des témoignages de proches à des médias locaux.

« Pas de justice, pas de paix ! », scandaient le millier de manifestants défilant autour d’un tribunal de Kenosha, la ville où a eu lieu le drame, à une quarantaine de kilomètres au sud de Milwaukee. La colère grandissait aux Etats-Unis après cette nouvelle affaire de violence policière dont un homme noir a été victime. Elle survient un peu plus de trois mois après la mort de George Floyd, étouffé par le genou d’un policier blanc à Minneapolis, qui a suscité un énorme mouvement de protestation en faveur des Noirs aux Etats-Unis et dans le reste du monde, appuyé par le mouvement Black Lives Matter.

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Comme pour George Floyd, la tentative d’interpellation de ce père de famille a été filmée par un témoin. Les images, tournées avec un téléphone portable, sont vite devenues virales. Des protestations ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, puis de lundi à mardi.

Un couvre-feu avait été décrété pour la nuit de lundi à mardi, à partir de 20 heures, après les débordements de la veille. Une heure après son entrée en vigueur, les manifestants ont été visés par des tirs de gaz lacrymogène de la police, vers qui des bouteilles ont été lancées. Des véhicules ont été incendiés. Appelant à manifester de façon pacifique, le gouverneur démocrate Tony Evers avait annoncé que 125 militaires de la garde nationale seraient déployés dans la ville afin d’y faire respecter l’ordre.

« Ce n’était pas une bavure »

Les deux policiers, intervenus dans le cadre d’une affaire de violence domestique, ont été suspendus de leurs fonctions et une enquête a été ouverte. « Si je tuais quelqu’un, je serais condamnée et traitée comme une meurtrière. Je pense que ce devrait être la même chose pour la police », a dit à l’Agence France-Presse Sherese Lott, 37 ans, venue défiler à Kenosha, ville de 170 000 habitants au bord du lac Michigan.

Ben Crump, l’avocat de la famille de Jacob Blake – qui représentait aussi celle de George Floyd –, a affirmé que les trois fils de ce dernier se trouvaient dans la voiture, et que l’homme avait tenté de s’interposer dans une dispute entre deux femmes. « Alors qu’il s’éloignait pour aller voir ses enfants, la police a tiré à plusieurs reprises dans son dos à bout portant », a déclaré l’avocat dans un communiqué. « Les trois fils de M. Blake étaient juste à côté et ont vu la police tirer sur leur père », a-t-il ajouté.

Le candidat démocrate à l’élection présidentielle du 3 novembre Joe Biden a exigé « une enquête immédiate »

Tony Evers a annoncé lundi la convocation d’une session extraordinaire du Parlement local, la semaine prochaine, afin d’adopter une série de mesures sur « la responsabilité et la transparence » des forces de police. « On nous rappelle une fois de plus que le racisme est une crise de santé publique. Il n’y a pas de temps à perdre », a-t-il écrit sur le réseau social Twitter. Son adjoint Mandela Barnes, un Afro-Américain, a estimé que le drame « n’était pas un accident ». « Ce n’était pas une bavure. C’est une violence ordinaire pour beaucoup d’entre nous », a-t-il dénoncé.

Le candidat démocrate à l’élection présidentielle du 3 novembre Joe Biden a exigé « une enquête immédiate, poussée et transparente et que les policiers répondent de leurs actes ». « Le pays se réveille encore une fois plongé dans la douleur et l’indignation qu’un homme noir américain ait de nouveau été victime d’un abus policier », a regretté M. Biden, accompagnant son message du mot « Assez » sur fond noir.

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