Au Royaume-Uni, une guerre des clans dans l’entourage de Boris Johnson – Le Monde

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Boris Johnson, à la Chambre des communes, à Londres, le 11 novembre.

Le Royaume-Uni n’avait probablement pas assez d’une deuxième vague pandémique (la barre des 50 000 décès dus au Covid-19 vient d’être tristement franchie), ni d’un accord post-Brexit à boucler dans les jours qui viennent pour éviter un « no deal »… Mercredi 11 novembre, les divisions qui couvaient depuis des mois au cœur du gouvernement de Boris Johnson ont explosé au grand jour, après la démission fracassante de Lee Cain, le directeur de la communication du premier ministre, fidèle d’entre les fidèles, très proche du controversé conseiller spécial Dominic Cummings et rouage essentiel du « Vote Leave ».

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Lee Cain ? Avant qu’il ne fasse la « une » des médias outre-Manche ces dernières heures, la plupart des Britanniques n’avaient probablement jamais entendu parler de ce quadragénaire, ex-journaliste au Daily Mirror et obscur conseiller au ministère de l’agriculture avant de rejoindre M. Johnson, quand ce dernier était encore ministre des affaires étrangères de Theresa May. Pour autant, son départ est très significatif et a mis en émoi toute la sphère politico-médiatique londonienne. « Cain était en charge de la communication du gouvernement Johnson. Or il est clair qu’avec les politiques mises en œuvres la communication est l’un des plus gros échecs de la première année au pouvoir [de M. Johnson] », insistait sur Twitter, jeudi 12 novembre, Sebastian Payne, journaliste au Financial Times, un de ceux qui ont le plus précisément exposé les dysfonctionnements de Downing Street.

L’étincelle ayant provoqué le départ de M. Cain provient apparemment d’un article du Times, en début de semaine, qui relatait comme acquise sa promotion en tant que chef de cabinet de M. Johnson. La nouvelle a créé beaucoup d’émoi au gouvernement, au sein du groupe parlementaire conservateur et même dans l’entourage proche de M. Johnson. Carrie Symonds, sa compagne (et ex-directrice de la communication du parti tory), aurait dit tout le mal qu’elle pensait de cette nomination. Tout comme Allegra Stratton, une journaliste politique aguerrie (passée par le Guardian, la BBC et ITV News), récemment choisie par M. Johnson pour devenir le nouveau « visage » de Downing Street et animer une conférence de presse quotidienne à partir de début 2021.

Des couacs fréquents ces derniers mois

Fervent brexiter, M. Cain était réputé pour sa rudesse et sa faible propension au travail en équipe. Est-il seul en cause ? En tout cas, la communication du premier ministre a multiplié les couacs ces derniers mois. Les fuites dans les médias étaient fréquentes et dommageables : fin octobre, le reconfinement pour cause de deuxième vague épidémique a été annoncé par le journaliste vedette d’ITV Robert Peston avant que les députés aient été mis au courant, et avant même, à en croire certains articles, que le premier ministre n’ait définitivement tranché. Le peu d’empressement de Downing Street à répondre aux appels répétés du jeune prodige de Manchester United, Marcus Rashford, pour lutter contre la pauvreté infantile ont par ailleurs donné une image désastreuse d’un gouvernement en manque d’humanité.

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