Au Rassemblement national, le doute fait son retour après la défaite aux élections régionales – Le Monde

Spread the love
  • Yum
La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, au soir des résultats du second tour des élections régionales, à Nanterre, le 27 juin.

Le Rassemblement national (RN) a la gueule de bois, et ce n’est pas à cause d’un lendemain de fête. Le parti d’extrême droite n’a gagné, dimanche 27 juin, aucune région, ni aucun département, il cède partout des voix par rapport aux régionales de 2015 et recule même fortement dans son fief des Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes ou en Occitanie. C’est assez pour que les militants commencent à douter de la stratégie du parti, à moins d’un an de l’élection présidentielle. Il n’en sortira probablement rien. Marine Le Pen, qui tient le RN d’une main ferme, est certaine d’être réélue à sa tête au congrès du parti à Perpignan, les 3 et 4 juillet, avec un score soviétique.

Les éventuels contestataires en sont réduits à ronger leur frein, ils ont compris qu’il n’y avait pas d’avenir en dehors du parti : Florian Philippot, qui avait rassemblé 36 % des voix dans le Grand-Est en 2015 lorsqu’il était encore numéro 2 du Front national, n’a obtenu cette année que 6,95 % des suffrages.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « L’immigration est devenue trop importante » : pour le peuple de droite, la force du discours du RN, la faiblesse personnelle de Marine Le Pen

Le doute a cependant saisi les militants locaux – les têtes de liste ont toutes entendu les critiques de la base pendant la campagne. Marine Le Pen est encore très populaire sur les marchés et la marque Le Pen solide ; ses électeurs iront sans doute voter pour elle à la présidentielle en 2022, mais ils n’ont pas jugé utile de se déplacer pour ses représentants, pour la plupart inconnus, dans des élections intermédiaires. La présidente du RN est persuadée qu’un vote d’adhésion pour l’extrême droite a enfin remplacé le vote de protestation du Front national. Les résultats permettent d’en douter.

Le RN a perdu la moitié de ses cantons – il en avait 27, il n’en a plus que 13 (sur 2054) – et il a perdu 30 % de ses conseillers régionaux, passés de 358 à 252. A cela s’ajoutent les hémorragies en cours de mandat, 28 % de ses élus ont claqué la porte au niveau national. Ils étaient 22 élus en Ile-de-France en 2015, ils ne sont plus que 12 ; dans les Hauts-de-France, il ne reste que 40 élus sur les 54 d’origine, des fédérations entières ont démissionné, en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Pays de la Loire…

La dédiabolisation, un piège ?

Le parti avait le choix d’un renouvellement important de ses candidats, en misant sur un large « rassemblement » autour du noyau des membres du RN, avec des candidats d’ouverture, parachutés et venus de la droite classique : Thierry Mariani en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jean-Paul Garraud en Occitanie, Hervé Juvin dans les Pays de la Loire ou Andréa Kotarac en Auvergne-Rhône-Alpes. Il a aussi fallu faire de la place sur les listes au bataillon de déçus de Nicolas Dupont-Aignan et aux ralliés du CNIP (Centre national des indépendants et paysans), ce qui a évidemment engendré nombre de frustrations chez les militants locaux, qui tiennent le territoire – et les sympathisants.

Il vous reste 44.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: