Au moins trois morts et 150 disparus après la rupture d’un glacier de l’Himalaya – Le Monde

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Photo fournie par la police des frontières indo-tibétaine (ITBP) montrant les opérations de sauvetage après la rupture du glacier Nanda Devi, dans le nord de l’Etat d’Uttarakhand, en Inde, dimanche 7 février 2021.

La rupture d’une partie d’un glacier de l’Himalaya a provoqué, dimanche 7 février, des inondations soudaines dans le nord de l’Inde, où un barrage hydroélectrique a été emporté par les flots torrentiels d’une rivière. Le bilan des autorités fait, pour l’heure, état de trois morts et 150 personnes disparues.

Sur des images diffusées par les chaînes de télévision locales, on peut voir la rivière Alaknanda, alimentée par ce glacier, sortir de son lit et ses eaux emporter tout sur leur passage.

Une avalanche de boue, d’eau et de pierres s’est ainsi abattue sur la vallée de la Dhauliganga. « C’est arrivé très vite, il n’y avait pas le temps d’alerter qui que ce soit », a témoigné Sanjay Singh Rana, qui habite en hauteur des rives du cours d’eau, dans le village de Raini, interrogé par l’agence de presse Reuters. « J’ai eu l’impression que, même nous, nous pouvions être emportés. »

Le chef de la police de l’Uttarakhand, Ashok Kumar, a déclaré à la presse que plus de 50 ouvriers travaillant sur le barrage hydroélectrique de Rishiganga étaient probablement morts, même si d’autres employés ont pu être secourus. Il a ajouté que les autorités avaient ordonné l’évacuation d’autres barrages pour tenter de contenir les eaux dévalant de la rivière en crue.

Le premier ministre, Narendra Modi, a dit suivre la situation de près. L’armée de l’air indienne se tient prête à participer aux opérations de secours, a souligné le gouvernement fédéral. Le ministre de l’intérieur, Amit Shah, a déclaré que des équipes d’intervention étaient en train d’être aéroportées sur place. Des militaires ont été déployés et des hélicoptères effectuent déjà des missions de reconnaissance.

La construction de barrages en question

L’Uttarakhand, dans l’Himalaya, est fréquemment le théâtre d’inondations et de glissements de terrain. En juin 2013, des pluies torrentielles avaient provoqué la mort de près de 6 000 personnes. Cette catastrophe a été surnommée le « tsunami himalayen » en raison des torrents d’eau et de boue qui avaient tout emporté sur leur passage, maisons, bâtiments, routes et ponts.

Uma Bharti, ancienne ministre des ressources hydrauliques et dirigeante du parti de Narendra Modi, a critiqué la construction d’un barrage dans ce secteur. « Lorsque j’étais ministre, j’avais demandé que l’Himalaya soit considéré comme une zone très sensible, afin que des projets électriques ne puissent pas être construits sur le Gange et ses principaux affluents », a-t-elle écrit sur Twitter.

Des experts des questions environnementales ont aussi appelé à la suspension des grands projets hydroélectriques dans l’Etat de l’Uttarakhand. « Cette catastrophe appelle une nouvelle fois à un examen sérieux de la frénésie de construction de barrages hydroélectriques dans cette région sensible sur le plan écologique », a déclaré Ranjan Panda, du Combat Climate Change Network.

« Le gouvernement ne devrait plus ignorer les avertissements des experts et arrêter de construire des projets hydroélectriques et des réseaux denses d’autoroutes dans cet écosystème fragile », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP et Reuters

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