Au congrès du Rassemblement national, Marine Le Pen face aux doutes sur sa ligne – Le Monde

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Le palais des congrès de Perpignan, la veille du congrès du Rassemblement national, le 2 juillet 2021.

Il n’y a guère qu’un enjeu, pour Marine Le Pen, lors de ce 17e congrès du Rassemblement national (RN), les 3 et 4 juillet à Perpignan : remobiliser les troupes. La présidente sera réélue triomphalement dimanche et, quelle que soit la nouvelle configuration du conseil national, le parlement du parti que vont élire les militants, il n’a guère de pouvoir. Elle peut y ajouter sans vote ses candidats, et tient fermement l’appareil : seul compte le bureau national, où elle a un droit de nomination discrétionnaire. Mais la présidente du parti d’extrême droite est trop fine pour ne pas sentir que l’enthousiasme est sérieusement retombé dans le mouvement, et que l’échec des régionales, après le parachutage décevant de candidats d’ouverture, a accru la grogne des militants locaux. Personne n’osera au congrès contester son leadership, mais à neuf mois de la présidentielle, les doutes se font jour comme jamais.

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Le congrès, qui se tient tous les trois ans, tombe plutôt mal, trop tôt en tout cas pour que la défaite ait été digérée. Le RN a perdu 30 % de ses élus et n’a gagné ni une région, ni un département, alors que Marine Le Pen avait répété pendant toute la campagne que les élections territoriales seraient le marchepied de son succès en 2022. « Il y a une séquence électorale qui inclut les élections départementales, régionales, présidentielle, avait-elle assuré, le 21 mai. Nous avons besoin que toutes les collectivités soient tournées vers le même objectif, en soutien à la politique d’Etat que je mènerai quand je serai présidente de la République, j’ai besoin que les départements accompagnent ces changements. »

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Il va bien falloir que Marine Le Pen concède quelques déceptions, lors de son discours de dimanche, mais l’autocritique n’est pas la vertu cardinale du parti et il n’y a guère de ligne politique alternative. « A l’été 2016, Marine Le Pen avait tenu un discours à ses troupes qui avait été l’un de ses meilleurs et les avait surmotivées pour la présidentielle, rappelle Nicolas Lebourg, historien et spécialiste de l’extrême droite. Le problème est que même si elle tenait un discours brillant, il y aura toujours ce questionnement sur l’après-mai 2022 : si elle échoue à la présidentielle, que fera-t-elle et que deviendra le parti ? »

Ajustements à huis clos

Le Front national, à l’époque, avait fait son aggiornamento en juillet 2017, au lendemain de l’échec de l’élection présidentielle, et a abandonné depuis plusieurs lignes de force de son programme : la sortie de l’euro, des accords européens de Schengen, de la Cour européenne des droits de l’homme… Trop vite, trop brutalement peut-être pour son électorat. « J’espère bien qu’il y aura un débat, il faut bien analyser les choses et y répondre d’une manière efficace, a admis Louis Aliot, le maire RN de Perpignan, le 2 juillet sur Sud Radio. Parce que l’électorat attend un certain nombre d’évolutions, de réformes à entamer, et ces élections présidentielles devraient être l’occasion de revoir un peu la manière de pratiquer la politique. »

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