Au Bangladesh des foules se lèvent contre Macron – Libération

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Depuis plusieurs jours, les attaques à l’encontre d’Emmanuel Macron se multiplient dans le monde musulman. Pendant que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, enchaîne les sorties véhémentes envers le locataire de l’Elysée, du Maghreb au Pakistan des appels au boycott des produits venant de l’hexagone sont proférés. Mais c’est probablement au Bangladesh, ce mardi, que l’on a pu apercevoir le mouvement de contestation antifrançais le plus massif.

A Dacca, capitale du pays, pas moins de 40 000 personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer les propos tenus par le président français, selon les décomptes de la police bangladaise raportés par l’AFP. En cause notamment, son discours prononcé le 21 octobre, lors de l’hommage national à Samuel Paty. Emmanuel Macron y martelait que la France ne renoncerait pas aux caricatures et aux dessins, alors que l’enseignant avait été assassiné pour avoir diffusé des caricatures du prophète Mahomet, ce que l’islam dans son interprétation la plus radicale interdit.

L’ambassade de France prise pour cible

D’abord rassemblés devant la mosquée Baitul-Mukarram, à l’initiative du parti Islami Andolan Bangladesh (IAB), les Bangladais ont ensuite marché en direction de l’ambassade de France à Dacca. Ataur Rahman, haut responsable du IAB, a appelé à «mettre dehors l’ambassadeur français», pendant qu’un autre dirigeant islamiste menaçait de «mettre à terre chaque brique» du bâtiment si le diplomate n’était pas renvoyé. Les manifestants n’ont cependant pas atteint leur objectif, étant bloqués en chemin par les barrages en fil barbelés installés par les policiers locaux.

Avant la manifestation de Dacca, des mobilisations avaient déjà eu lieu dans plusieurs villes du pays. «Stop à l’islamophobie», «insulter le prophète, les musulmans ne toléreront pas» ou encore «le prophète est les sauveurs de l’humanité» pouvait-on lire sur des banderoles déployées lundi à Gazipur, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

Le site du Paris FC visé

D’autres bangladais se sont aussi mobilisés sur internet. Une page Facebook, qui rassemble près de deux millions de personnes et se présente comme le «plus gros groupe de hackers du Bangladesh», a ces derniers jours revendiqué le piratage de plusieurs sites internet français. Parmi les sites touchés, celui du Paris FC, club de football actuel leader de Ligue 2. «Vous avez insulté notre prophète et nous nous vengerons de cela à moins que vous ne vous excusiez auprès des Musulmans», pouvait-on y lire lundi après midi. Une cible peut-être pas anodine, puisque le président du club, Pierre Ferracci, est aussi un proche du président français, comme le rapporte le Parisien.

Julien Lecot

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