TERRORISME – Dans un document de 74 pages intitulé “Le Grand Remplacement”, Brenton Tarrant, tireur présumé de l’attentat contre deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, détaille ce qui l’a incité à commettre son geste ce vendredi. Et évoque notamment un voyage dans l’est de la France en 2017.
Avant de diffuser son live de l’horreur, il avait déjà posté plusieurs documents sur divers sites et sur les réseaux sociaux. Brenton Tarrant, le tireur présumé des attaques meurtrières contre des mosquées néo-zélandaises vendredi, avait notamment publié au préalable un manifeste raciste. 

Dans ce document de 74 pages Intitulé “Le Grand remplacement”, cet Australien âgé de 28 ans, explique ses motivations. Il déclare qu’il voulait s’en prendre à des musulmans. Le titre semble être une référence à une thèse de l’écrivain français Renaud Camus sur la disparition des “peuples européens”, “remplacés” selon lui par des populations non-européennes immigrées, qui connaît une popularité grandissante dans les milieux d’extrême droite.

Le tireur, dans ce long monologue dont un passage est rédigé sous la forme de questions-réponses, dit qu’il est né en Australie dans une famille aux revenus modestes. Il déclare que les moments-clé de sa radicalisation furent la défaite de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle française de 2017 et une attaque au camion qui fit cinq morts à Stockholm en avril 2017, dont une fillette de 11 ans.

Selon ses mots rédigés sur ordinateur,  Brenton Tarrant explique qu’il a effectué un voyage en 2017 dans plusieurs pays d’Europe dont la France, l’Espagne et le Portugal. Au cours de celui-ci, s’est notamment déroulée l’élection présidentielle en France, avec un 2e tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.  Après la victoire d’Emmanuel Macron, tous ses espoirs d’avenir pour l’Europe se sont volatilisés : “Le désespoir s’est installé en moi. Ma croyance en une solution démocratique s’est envolée”, explique-t-il.

Il évoque ensuite les personnes qu’il a croisées dans l’Hexagone, “dans toutes les villes de France, les envahisseurs étaient là, quelle que soit la taille des communes, urbaines ou rurales, les envahisseurs étaient là”. Les “non-blancs”, étaient partout, peu importe où il se rendait. “J’en avais vu assez et, en rage, j’ai quitté la ville, refusant de rester une minute de plus dans cet endroit maudit “, écrit-il.

Puis, près d’une ville de l’est de la France, il explique avoir fondu en larmes à la vue d’un cimetière militaire où sont enterrés sous ces innombrables croix blanches en bois les soldats ayant combattu pendant les deux guerres mondiales. “Pourquoi a-ton laissé ces envahisseurs nous conquérir”? ‘interroge-t-il avant de conclure  “C’est là que j’ai décidé de faire quelque chose, c’est là que j’ai décidé d’agir, et d’user de la force. Et de la violence. De combattre les envahisseurs moi-même”, écrit-il dans ce manifeste où il invoque également le Norvégien Anders Breivik,  qui avait tué 77 personnes en juillet 2011 ou encore “les écrits de Dylan Roof”, qui avait attaqué une église fréquentée par des Noirs en juin 2015 à Charleston, aux Etats-Unis, tuant neuf personnes.