Attentat de Conflans : Emmanuel Macron appelle à « faire bloc » mais doit faire face aux critiques – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Emmanuel Macron, accompagné de Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre.

Le choc, encore une fois. L’impression de vivre un tournant, un de plus, et une nouvelle aggravation dans la confrontation avec le terrorisme. Et derrière, les mots, toujours eux, de tous bords et de toutes natures, qui portent d’un côté les promesses d’action et de l’autre les procès en impuissance. La soirée du vendredi 16 octobre, à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines), avait des airs de triste déjà-vu. Celui d’un nouvel « attentat terroriste islamiste caractérisé », comme l’a qualifié Emmanuel Macron. D’un débat qui se rejoue, une fois de plus, entre le président de la République et une partie de son opposition pour savoir si l’Etat se montre à la hauteur d’un phénomène qui frappe la France depuis bientôt une décennie.

Lire aussi Attentat de Conflans : un enseignant décapité, quatre personnes en garde à vue

Vendredi après-midi, un professeur d’histoire-géographie du collège du Bois-d’Aulne, dans un quartier pavillonnaire de Conflans-Saint-Honorine, a été retrouvé décapité à proximité de l’établissement. Son assaillant, qui se trouvait en possession d’une arme blanche, a été abattu par la police, à deux cents mètres de là, sur la commune d’Eragny (Val-d’Oise). Il a crié « Allahou akbar » (« Dieu est grand » en arabe) avant d’être frappé par les balles. Sa victime, elle, était ciblée depuis plusieurs jours par certains parents d’élèves du collège pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet.

Emmanuel Macron n’a pas tardé à réagir. Il s’est d’emblée rendu au centre de crise du ministère de l’intérieur. Puis il a pris la direction des lieux du drame, avec les ministres de l’intérieur et de l’éducation nationale, Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer, ainsi que la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa. Pas question de reproduire la polémique qu’avait suscité son silence après l’attaque perpétrée à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo, le 25 septembre. Toute l’action de l’exécutif est d’ailleurs chamboulée : le premier ministre, Jean Castex, a renoncé au déplacement qu’il devait effectuer, samedi, pour annoncer de nouvelles mesures destinées à lutter contre la pauvreté.

« Ils ne passeront pas »

C’est à la nuit tombée, vers 22 h 30, après avoir échangé avec les élus locaux, les préfets des Yvelines et du Val-d’Oise et la proviseure du collège du Bois-d’Aulne, que le chef de l’Etat prend la parole. « Un de nos concitoyens a été assassiné aujourd’hui parce qu’il enseignait, parce qu’il apprenait à des élèves la liberté d’expression, la liberté de croire et de ne pas croire », a déclaré Emmanuel Macron, un long manteau noir posé sur les épaules. Alors que les syndicats enseignants devaient être reçus, samedi, par Jean-Michel Blanquer, le locataire de l’Elysée a tenu à assurer aux professeurs que « la nation tout entière sera là à leurs côtés aujourd’hui et demain pour les protéger, les défendre et les aider à faire leur métier, le plus beau qui soit : faire des citoyens libres ».

Il vous reste 63.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: