Attentat au Niger : qui étaient Myriam et Stella, les deux victimes d’Occitanie ? – LaDepeche.fr

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l’essentiel Myriam Dessaivre, toulousaine, faisait partie des huit personnes qui ont été tuées lors de l’attaque, dimanche 9 août, au Niger. Celle-ci était investie au sein de l’ONG Acted depuis presque deux ans.

Parmi les huit victimes assassinées au Niger, six appartenaient à l’ONG Acted, présente depuis 2010 dans le Sahel., et deux d’entre elles sont deux jeunes femmes de la région.

  • Myriam Dessaivre, la Toulousaine

Cela faisait presque deux ans que Myriam Dessaivre, jeune toulousaine, s’était engagée au sein de l’ONG parisienne. Elle avait œuvré en faveur de la paix en Tunisie et au Tchad, pendant près de 10 mois. Elle en a d’ailleurs fait un cheval de bataille, se spécialisant notamment sur la question des conflits internationaux.

C’est à Toulouse qu’elle étanche sa soif de voyage : après avoir passé un bac littéraire en 2012, elle va suivre des cours de communication européenne et de langue en licence, au sein de l’Institut Catholique de la Ville rose, jusqu’en 2015. Elle apprend ainsi à parler espagnol et anglais. En 2013, elle s’engage dans la vie associative toulousaine, et se charge de la communication, au sein du Secours Catholique.

Elle quitte Toulouse en 2015 pour rejoindre la capitale, où elle s’inscrit à Paris-Dauphine, pour une formation de Master en Etudes de Paix. Elle se forme pendant près de deux ans sur la logistique du monde humanitaire, avant de faire ses valises pour Bogotà, en Colombie, pendant 5 mois.

Elle rejoint l’ONG Acted en 2018, où elle mènera de nombreuses missions, chargée de planifier la logistique humanitaire sur les différents territoires qu’elle investit : nourriture, accès à l’eau, constructions d’abris… Jusqu’à sa dernière mission au Niger, où elle séjournait depuis seulement cinq mois.

A lire aussi : Humanitaires français tués au Niger : cinq questions sur l’attentat perpétré au Sahel

Depuis l’assassinat de Myriam Dessaivre et des membres d’Acted, les réactions de soutien affluent, notamment sur les réseaux sociaux. Boris Kharlamoff, un Toulousain, faisait partie de ses camarades de promotion pendant trois ans (de 2012 à 2015) en licence européenne de communication et information à l’Institut catholique de Toulouse : “Je garde le souvenir d’une fille souriante, très à l’écoute des autres. Elle était toujours la première à venir proposer son aide. C’était quelqu’un qui allait de l’avant. Myriam était une très bonne camarade.” Le Toulousain se rappelle des engagements de la jeune femme : “Elle avait une fibre humaniste. Myriam disait qu’elle voulait faire de l’humanitaire, voyager et aller en Afrique.”

En juin 2016, lors du congrès du Mouvement de la Paix, Myriam Dessaivre avait prononcé un discours, en tant qu’étudiante en Master Etudes de Paix. Les dernières phrases de ce discours résonnent aujourd’hui de manière tragique.

“L’indignation face aux horreurs actuelles se transmet instantanément sur les réseaux sociaux, et on se retrouve directement touchés par ces nouvelles, allant même jusqu’à se dire ‘Quand est-ce que moi, je vais y passer ?’ C’est pour ça que ça ne m’étonne pas que l’on soit de plus en plus nombreux à vouloir se diriger vers des métiers de paix, peut-être simplement pour se donner les moyens de vivre dans un monde meilleur.”

  • Stella, une Montpelliéraine parmi les victimes

Deuxième victime originaire de la région, la Montpelliéraine Stella Gautron était toute nouvelle à Acted. Elle était diplômée d’un master en marketing et était passée par l’Institut Bioforce, référence française en matière de formation des humanitaires, au sein duquel elle avait suivi une formation en coordination de projet de solidarité internationale. Elle avait déjà effectué une mission humanitaire mais cette fois pour l’ONG Oxfam, en République centrafricaine.

Les quatre autres victimes, toutes jeunes elles aussi

Autre victime, Charline, originaire de Seine-Maritime : cette doctorante de 30 ans spécialiste des sciences de gestion a été chargée de TD pendant cinq ans à l’université d’Aix-Marseille, puis a travaillé deux ans à l’ambassade de France au Nigeria avant d’être récemment embauchée par Acted.

Nadifa, quatrième Française tuée au Niger, était passée par les entreprises Axa et Véolia. Elle a rejoint en 2015 le ministère des Armées. Elle avait début décembre suivi une formation en anglais à l’institut Bioforce et avait quitté l’armée en février, avant d’être envoyée six mois sur le terrain au Niger.

Enfin, Léo, un des plus jeunes du groupe, avait rejoint Acted en tant que stagiaire en 2019, en parallèle de ses études en école de commerce à Rennes. Normalien, chercheur en économie environnementale, Antonin, 26 ans, originaire de Carhaix en Bretagne, est la sixième victime française. Deux Nigériens qui accompagnaient le groupe, font également partie des huit victimes de cette attaque.

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