Attaque de Paris: les mensonges de l’assaillant – Le Figaro

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Le secret de polichinelle sur l’âge et l’identité supposée du terroriste islamiste qui a perpétré vendredi l’attaque au hachoir rue Nicolas-Appert, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, est en passe d’être levé. Quand il débarque en France avec ses deux frères et se fait enregistrer par l’administration le 31 juillet 2018, ce dernier assure s’appeler Hassan Ali et être né le 10 août 2002 à Mandi Bahauddin, dans la province du Pendjab au Pakistan.

Mais, déjà, l’homme fait plus âgé qu’il ne le prétend. Sa déclaration, qui lui permet d’aspirer à une prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance au titre des mineurs étrangers non accompagnés, ne convainc pas à l’époque les agents du Conseil général du Val-d’Oise, lequel saisit la justice. Mais le juge des enfants du tribunal de Cergy-Pontoise refuse de procéder à un test osseux permettant d’estimer son âgé réel. La prise en charge d’Hassan Ali est de facto confirmée sur le plan administratif. C’est sous cette identité qu’il est interpellé, à deux reprises, depuis janvier. Une première fois en avril dans une affaire de violences volontaires puis, en juin, pour port d’arme prohibé, en l’espèce un hachoir de boucher, saisi sur lui par la Brigade des réseaux ferrés dans le secteur de la Gare du Nord. Nourrissant une relation manifestement contrariée avec la vérité, le Pakistanais fournit aux policiers des dates de naissance différentes.

Malaise d’être en France «terre de mécréants»

Sur son téléphone portable saisi en perquisition, les enquêteurs ont découvert, comme l’a relaté Le Monde, une pièce d’identité supportant sa photo et faisant apparaître le nom de Zaheer Hassan Mehmood, né le 25 janvier 1995. Le terroriste aurait donc bien 25 ans, comme son allure physique le laisse présager. C’est sous cette identité qu’il apparaît d’ailleurs dans la vidéo qui a tourné au Pakistan avant d’être visionné plus de 15.000 fois sur Twitter. Arborant une coiffe traditionnelle et une chemise blanche à liseré noir au niveau du col, il s’exprime en ourdou, langue officielle du Pakistan, pour dire son malaise d’être en France «terre de mécréants».

Il signifie sa colère, son dégoût après la republication des caricatures du Prophète.

Une source proche de l’enquête

Longue de 2 minutes 20, la séquence enregistrée la veille ou le matin même de l’attentat le montre en état de transe, larmoyant et chantant sans jamais faire allégeance, ni formuler d’appel à l’action violente. «Il signifie sa colère, son dégoût après la republication des caricatures du Prophète», confirme une source proche de l’enquête qui assimile le document à une sorte de «testament politique aux accents annonciateurs». «Aujourd’hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner», prévient Hassan A., revendiquant le fait d’avoir pour «guide» le mollah Ilyas Qadri, chef de file de Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non violent d’inspiration soufie, basé au Pakistan. C’est notamment dans cette direction que travaillent aussi les enquêteurs. «Mais la nouvelle identité mise au jour pourrait être, elle aussi, remise en question tant il y a de papiers apocryphes qui circulent au Pakistan», tempère un expert, qui confirme au Figaro que l’auteur serait «arrivé en France au terme d’un parcours terrestre assez classique pour les migrants pakistanais l’ayant fait transiter via l’Iran, puis la Turquie, avant d’entrer en Europe par la Grèce ou les Balkans».

Des complices éventuels

Même si le terroriste a affirmé avoir agi seul, les policiers n’excluent pas d’éventuelles complicités. Au dernier stade des investigations, six personnes étaient encore placées en garde à vue lundi après-midi. Outre l’auteur de l’équipée sanglante, son petit frère «Murtaza» a priori né en 2004 et trois de ses colocataires pakistanais partageant son deux-pièces de Pantin s’expliquent dans les locaux de la Brigade criminelle. Le dernier suspect, qui pourrait avoir participé à la diffusion de la vidéo, est actuellement interrogé au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret. Les premiers interpellés dès vendredi pourraient être entendus, en théorie, jusqu’à ce mardi dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet national antiterroriste.

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