Attaque au Niger : qui sont les victimes françaises et leurs accompagnateurs ? – LCI

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HOMMAGE – A mesure que les identités des six jeunes humanitaires français tués dimanche dans une attaque au Niger sont connues, les hommages se multiplient. Jeunes, engagés et surdiplômés … voici ce que l’on sait d’eux et de leurs deux accompagnateurs nigériens.

Six Français et deux Nigériens tombés sous les balles des terroristes alors qu’ils se rendaient dans une réserve naturelle, située en zone jaune, pour observer les girafes. Quelques jours après la mort, dimanche 9 août, de six jeunes humanitaires, dans une attaque à 60 km au sud-est de Niamey au Niger, l’identité des victimes se confirme et les hommages se multiplient. 

Jeunes, diplômés et travaillant sur un des terrains les plus dangereux d’Afrique… voici ce que l’on sait des victimes françaises et de leurs deux accompagnateurs nigériens, trois jours après la tuerie perpétrée en quelques minutes qui leur a coûté la vie. 

Charline, 30 ans

Parmi ces huit victimes de l’attaque, se trouve Charline Fouchet, ancienne doctorante d’Aix-Marseille Université qui venait de prendre son poste chez Acted à Niamey. 24 heures après le drame, le compte Twitter de l’université a rendu un premier hommage à cette femme de 30 ans, originaire de Seine-Maritime et docteur titulaire d’un doctorat en sciences de gestion. “Nous ne l’oublierons pas. Nous adressons nos sincères condoléances à son oncle, sa famille, ses amis et ses proches” écrit l’université au sein de laquelle la jeune femme a évolué en tant que chargée de TD pendant cinq ans avant de travailler deux ans à l’ambassade de France au Nigeria puis d’être récemment embauchée par Acted.

TF1 a réussi à joindre Sarah, sa sœur. “Elle voulait voyager, découvrir, elle ne supportait pas l’injustice, elle voulait être actrice pour aider, c’était en elle. Je pense qu’en 30 ans, elle en a fait plus que la plupart des gens en toute une vie. Forcément, je pense qu’au fond d’elle il y avait une appréhension, mais le risque zéro n’existe pas“, se remémore Sarah dans la vidéo en tête de cet article. 

Elle avait déjà voyagé quelques jours au Niger avant de prendre son poste à Niamey, elle avait un fort caractère, toujours partante pour tout, drôle, pleine d’humanité. C’est dur de le dire aujourd’hui mais elle était très vivante“, évoque son amie Anna Gomez-Colombani.  “Après le Niger, elle avait aussi pour projet de partir vivre en Jordanie où on avait voyagé toutes les deux il y a quelques semaines. Elle ne s’arrêtait pas“, ajoute-t-elle. 

C’était une femme de caractère dont sa famille était fière, engagée dans ses recherches en économie du développement, joignant le travail académique au travail sur le terrain”, a témoigné son directeur de thèse Claude Rochet.

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Léo, 25 ans

La plus jeune victime s’appelait Léo, âgé de 25 ans. Il était étudiant dans une école rennaise de management, où il devait être diplômé en janvier prochain. Ce mardi soir, une messe a été célébrée à Rennes pour lui rendre hommage.

L’étudiant au regard décidé, avait rejoint Acted en tant que stagiaire en 2019, en parallèle de ses études en école de commerce. Après un semestre de formation au siège d’ACTED à Paris, il venait d’être envoyé en temps que “volontaire”, au bureau de l’ONG à Niamey, où il s’était spécialisé en logistique. 

Il devait être diplômé en 2021… Nous sommes endeuillés par cette nouvelle tragique“, a déclaré dans un communiqué son école la Business School of Rennes.

Myriam, 25 ans

La troisième victime, Myriam, était rompue aux voyages en Afrique. Avec ACTED qu’elle a rejoint il y a deux ans, elle entamait sa troisième mission sur le sol du continent, après avoir œuvré en Tunisie et au Tchad. Originaire de Toulouse, elle avait fait un master en gestion de crise et conflits à l’Université Paris-Dauphine et avait été formée dans différentes ONG en France et en Colombie. Elle avait été mutée il y a quelques mois au Niger. 

Pour Boris Kharlamoff, journaliste et ancien camarade de promotion de la jeune femme, ce choix de carrière était tout sauf un hasard : “Elle nous faisait déjà part de ses envies de faire de l’humanitaire, de voyager en Afrique, elle avait vraiment une fibre humaniste. Quand on a appris la nouvelle avec les autres gens de la promo, on a été assez choqués, puisque le dernier souvenir de Myriam qu’on a gardé, c’était son sourire quand on se voyait tous ensemble.” Et d’ajouter : “Elle était assez discrète, passionnée, joyeuse, prévenante, à l’écoute. Si tu avais un problème, elle venait vers toi“.

Nadifa, 30 ans

Avant de partir au Niger, Nadifa, 30 ans, avait rejoint l’Armée du Salut pour distribuer des repas en pleine épidémie de Covid-19. “Elle n’attendait qu’une chose, c’était de partir au Niger, que les frontières se rouvrent. Elle n’avait qu’une hâte, c’était d’aller aider les gens. C’était ce qu’elle faisait tous les jours, que ce soit à Paris ou à l’étranger“, se souvient François Ponti, ancien coordinateur des bénévoles de l’Armée du Salut.

Passée par les entreprises Axa et Véolia, elle a rejoint en 2015 le ministère des Armées, principalement à des fonctions financières et de gestion. Elle avait été déployée 6 mois à Bangui, auprès d’une mission européenne militaire en République centrafricaine. 

Le jeune femme réalisait en parallèle un doctorat sur “la responsabilité des entreprises exportatrices d’armes” à l’Université d’Aix-Marseille, selon sa fiche LinkedIn.

Elle avait début décembre suivi une formation en anglais (Humanitarian Program Manager) à l’institut Bioforce et avait quitté l’armée en février, selon le ministère des Armées, avant d’être envoyée six mois sur le terrain au Niger.

Antonin, 26 ans

Normalien, chercheur en économie environnementale et chargé de TD dans une université parisienne, ce jeune homme de 26 ans était originaire de Carhaix en Bretagne. Sur son profil LinkedIn il affiche son intérêt pour différentes causes humanitaires en parallèle de ses études de très haut niveau d’économie du développement.

C’était un jeune homme merveilleux, brillant et très dévoué aux questions de développement économique de pays en difficulté. Il trouvait cela plus épanouissant certainement que la matière économique, même s’il était un excellent universitaire“, témoigne auprès de l’AFP son professeur à l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (Insea), Geoffrey L. Barrows. 

Christophe Hachon, qui l’a eu comme élève de classe préparatoire au lycée Victor et Hélène Basch de Rennes, se souvient d’un jeune homme qui “passait son temps à aider les autres“. 

Il n’était pas intéressé par la réussite en soi, mais avait l’idée de faire les choses“, dit-il à l’AFP. “Il cherchait à savoir en quoi ce que l’on apprend en prépa peut permettre de construire une société au service des autres“.

Stella, 28 ans

Elle avait fait ses études de marketing et de management à Montpellier, sa ville d’origine, puis en région parisienne, avant de se consacrer à partir de 2015 à l’humanitaire, selon son profil LinkedIn. Passée par l’ONG Oxfam en Centrafrique, elle avait aussi été initiée six mois sur le terrain par l’institut Bioforce, référence française en matière de formation des humanitaires, a indiqué à l’AFP cet institut basé à Vénissieux. 

En 2020, elle avait rejoint Reach, un programme d’analyse de données humanitaires lancé par ACTED et par son organisation sœur, Impact.

Kadri

Le parc des girafes de Kouré a perdu son guide le plus ancien, Kadri, âgé de 51 ans, qui a dédié 21 ans de sa vie à la sauvegarde des dernières girafes d’Afrique de l’Ouest. Président de l’Association des Guides des Girafes de Kouré, ce Nigérien était un “guide engagé et militant sur la zone girafes de Kouré depuis le début. Il a toujours eu conscience de l’importance à œuvrer pour la sauvegarde des dernières girafes d’Afrique de l’Ouest“, a salué son association sur sa page Facebook. 

Il était guide depuis l’arrivée  des premiers troupeaux de girafes  dans la zone. Il était marié à deux femmes et père de 13 enfants. 

Boubacar

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Cet employé nigérien d’ACTED était le chauffeur du 4X4 pour cette excursion. Selon Le Parisien, il était âgé de 50 ans et attendait avec son épouse un cinquième enfant.

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