Attaque à Rambouillet : accusé de laxisme, l’exécutif mène la riposte – Le Monde

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Un policier porte des fleurs vers le commissariat où une agente administrative a été mortellement poignardée, le 24 avril à Rambouillet.

Septembre 2019. Alors qu’une atmosphère estivale flotte sur Paris, Emmanuel Macron refroidit l’ambiance. Face aux députés et aux sénateurs de la majorité réunis dans les jardins du ministère des relations avec le Parlement, le chef de l’Etat surprend ses troupes en leur faisant part de sa conviction pour l’élection présidentielle de 2022 : oui, le scrutin se jouera sur les questions régaliennes. Que ce soit la sécurité, le communautarisme ou l’immigration, sujet brûlant qu’il appelle d’ailleurs à « regarder en face ». Et oui, ce sera à coup sûr face à Marine Le Pen. « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national », affirme alors le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron peut au moins se prévaloir d’avoir anticipé la situation politique actuelle. A un an de la présidentielle, les sujets de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme ou de l’immigration reviennent au centre du débat. Ce sont d’ailleurs les seuls à émerger, à côté du Covid-19 et de la crise économique. Selon un sondage IFOP, 86 % des électeurs affirment que le poids de l’insécurité sera « important » dans leur vote à l’élection présidentielle de 2022. Pas question, donc, de faillir sur ce terrain.

Lire aussi notre décryptage : Recrutement de policiers et lutte contre le trafic de drogue… comment Emmanuel Macron veut occuper le terrain sécuritaire

Mais, malgré les efforts de l’exécutif pour renforcer les moyens alloués à la sécurité et obtenir des résultats, l’opposition – de droite et d’extrême droite – ne cesse de dénoncer un supposé « laxisme » du pouvoir. Depuis plusieurs semaines, le président (ex-Les Républicains, LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, candidat déclaré à la présidentielle, fustige l’« échec total » de M. Macron sur la sécurité.

Les attaques de l’opposition n’ont fait que redoubler, vendredi 23 avril, après la mort d’une agente administrative, tuée au commissariat de Rambouillet lors d’un attentat qui a entraîné l’ouverture d’une enquête par le Parquet national antiterroriste (PNAT). A un an du scrutin présidentiel et à moins de deux mois des élections régionales, prévues les 20 et 27 juin, l’unité nationale sur ces sujets ne tient même plus quelques heures.

« La naïveté et l’inaction » du gouvernement

Immédiatement, la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a utilisé les premiers éléments de l’enquête – l’auteur des faits est un ressortissant tunisien de 36 ans, arrivé clandestinement en France en 2009 et régularisé dix ans plus tard – pour mettre en cause la politique d’immigration du chef de l’Etat. Et clamé que « le pays a besoin d’un tour de vis ». De son côté, le député (LR) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a dénoncé « la naïveté et l’inaction » du gouvernement « face au terrorisme et à l’islamisme ».

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