Attaque à Paris : Le scénario de l’agression au couteau devant « Charlie Hebdo » se précise – 20 Minutes

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Arrestation du principal suspect dans l’attaque au hachoir qui a eu lieu devant le journal Charlie-Hebdo — Laura CAMBAUD / AFP
  • Vendredi 25 septembre, un homme armé d’un hachoir a grièvement blessé deux salariés de la société de production Premières Lignes, au pied des anciens locaux de « Charlie Hebdo ».
  • Le principal suspect, Zaheer Hassan Mehmood, a été interpellé une heure plus tard près de l’opéra Bastille.
  • Originaire du Pakistan, il est arrivé en France en août 2018. Il a bénéficié de l’aide sociale à l’enfance après avoir menti sur son âge.

Zaheer Hassan Mehmood n’a pas cherché à nier. Le principal suspect de l’attaque au hachoir près des anciens locaux de Charlie Hebdo a reconnu, dès sa première audition « la matérialité des faits », a indiqué ce mardi le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, lors d’une brève conférence de presse. L’homme, qui pensait s’en prendre à des journalistes de l’hebdomadaire satirique – il ignorait que le journal avait déménagé – a indiqué
qu’il était « en colère » après la nouvelle publication des caricatures de Mahomet, à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015. Il a également reconnu en garde à vue ne pas avoir 18 ans, comme le pensaient les autorités françaises, mais 25 ans.

Un acte prémédité

Selon les premiers éléments de l’enquête, Zaheer Hassan Mehmood aurait effectué à trois reprises des repérages dans la rue Nicolas Appert, là où siégeaient effectivement les locaux de Charlie Hebdo avant l’attaque des frères Kouachi. Le matin même des faits, le suspect a enregistré une vidéo de près de trois minutes dans laquelle il se met en scène. Dans sa langue natale, l’ourdou, il indique s’appeler Zaheer Hassan Mehmood et annonce son geste sans, toutefois, en préciser la teneur. « Ici en France, ils font des caricatures sur notre pur et grand prophète (…), je vais aller me révolter contre ça », déclare-t-il sans faire allégeance à un groupe terroriste.

Il se rend ensuite à Saint-Denis acheter un hachoir – celui qui aurait servi à commettre l’attaque – un marteau et trois bouteilles de White Spirit. Son plan initial, a détaillé Jean-François Ricard, était « d’entrer dans les locaux, éventuellement à l’aide d’un marteau, puis de les incendier. »

Le suspect a expliqué en garde à vue avoir changé d’avis en apercevant cet homme de 32 ans et cette femme de 28 ans qui fumaient une cigarette et qu’il prend alors pour des salariés du journal. Les images de vidéosurveillance le montrent, en effet, passer devant eux puis revenir sur ses pas quelques instants plus tard. L’attaque, d’une quinzaine de secondes, est « d’une violence extrême », selon les mots du procureur. Armé d’un hachoir, il frappe ses victimes au visage et sur le crâne et les poursuit brièvement lorsque celles-ci parviennent à s’enfuir. La jeune femme, qui souffre de plaies et fractures au visage s’est vue prescrire 10 jours d’interruption totale de travail (ITT), l’homme, plus grièvement blessé – il souffre notamment de fractures au crâne – est toujours hospitalisé et aura au moins trois mois d’ITT.

Fuite dans le métro

L’individu prend ensuite rapidement la fuite vers la station de métro la plus proche, Richard Lenoir. Il sera interpellé précisément une heure après l’attaque, à la station Bastille, armé d’un couteau à cran d’arrêt. L’homme était inconnu des services de renseignement et n’avait pas de casier judiciaire. Il avait seulement fait l’objet d’un rappel à la loi le mois dernier pour port d’arme prohibé, en l’occurrence un hachoir similaire à celui utilisé pour l’attaque. Selon des proches, l’assaillant regardait depuis quelques semaines de nombreuses vidéos du chef religieux Khadim Hussain Rizvi à la tête de rassemblements au Pakistan contre Charlie Hebdo.

Arrivé en France en août  2018 – quatre mois après avoir quitté le Pakistan – l’homme a prétendu s’appeler Hassan Ali et avoir 16 ans afin de bénéficier de l’aide sociale à l’enfance. Confronté à la photographie d’un passeport pakistanais le représentant avec un autre patronyme et une autre date de naissance – janvier 1995 – il a finalement admis, en garde à vue avoir menti. Zaheer Hassan Mehmood sera présenté à un juge d’instruction dans le courant de l’après-midi en vue d’une probable mise en examen. Une information judiciaire pour « tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle » a été ouverte. Toutes les gardes à vue en cours ont été levées mais l’enquête se poursuit pour tenter de déterminer si le terroriste a bénéficié d’un quelquonque soutien.

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