Attaque à Paris : la vie discrète de l’assaillant avec ses compatriotes – Le Parisien

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Il était environ 17 heures vendredi après-midi lorsque Ali Hassan a repassé la porte rouge de son immeuble de Pantin (Seine-Saint-Denis), escorté par une armada de policiers. L’auteur de l’attaque perpétrée quelques heures plus tôt devant les anciens locaux de Charlie Hebdo était vêtu d’une combinaison blanche, les pieds enveloppés dans des sacs plastiques. Le temps d’une perquisition de plusieurs heures, le jeune Pakistanais a retrouvé, sans doute pour la dernière fois, cinq de ses colocataires.

Une communauté sans signes apparents de radicalité religieuse

Cinq compatriotes, eux-mêmes placés en garde à vue, avec lesquels il partageait un deux-pièces depuis au moins quelques semaines. Ce logement spartiate d’une trentaine de mètres carrés, situé au premier étage, dispose de sept couchages. Quatre lits superposés dans une chambre, deux autres superposés et un lit simple dans la pièce commune donnant sur la cuisine. Au rez-de-chaussée, au fond d’une petite cour, d’autres Pakistanais vivent à plusieurs dans un simple studio, récemment cambriolé.

Cette communauté masculine particulièrement discrète, composée de musulmans pratiquants mais sans signes apparents de radicalité religieuse, n’est apparue au grand jour que pendant le confinement, pour fumer ou téléphoner sur le trottoir. Les plus jeunes ont une vingtaine d’années, le plus âgé aurait la cinquantaine.

« Certains d’entre eux partent au travail dès 6 heures du matin, témoigne Hafida, une proche voisine. Les autres ne rentrent que dans la soirée. Une chose est sûre, je n’entends aucun bruit venant de leur appartement. Ni le son de leurs voix, ni de la musique. Quand on les croise dans la cage d’escalier, ils sont très polis mais bon… Ils ne parlent quasiment pas un mot de français ».

Zyed, salarié de la boutique de pièces détachées située au rez-de-chaussée, se souvient du suspect de l’attaque de vendredi. « Ces derniers temps, je l’ai vu quatre ou cinq fois peut-être, souffle-t-il. Il partait souvent au travail vers 8h30 ou 9 heures et faisait un petit signe pour dire bonjour. Il était vêtu souvent d’un jogging. Selon moi, il travaillait dans un restaurant, soit à la plonge soit à la livraison. Mais vendredi matin, je ne l’ai pas vu passer… ».

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