C’est reparti. Moins d’une semaine après  l’échec de la négociation entre partenaires sociaux , le gouvernement lance un cycle de concertations pour faire aboutir  la réforme de l’assurance-chômage , troisième volet sur lequel il compte pour baisser le chômage après ceux du Code du travail et de la formation. Cette phase prendra quelques semaines à l’issue desquelles Edouard Philippe présentera les solutions au printemps. Tout cela devant aboutir à une application par décret « pendant l’été », a indiqué ce mardi le Premier ministre lors d’une conférence de presse, flanqué de Muriel Pénicaud. Avec la ferme intention de revoir en profondeur les règles de l’Unédic.

Une cinquantaine de réunions bilatérales

Concrètement, la ministre du Travail va tenir une cinquantaine de réunions bilatérales en deux phases, diagnostic puis solutions. A chaque fois la même séquence : les numéros un des cinq organisations syndicales et des trois organisations patronales représentatives ouvriront le bal, suivis de leurs négociateurs.

Ils ne seront pas les seuls à être reçus, puisque la concertation sera élargie aux syndicats non représentatifs (Unsa et Solidaires), à certaines organisations multiprofessionnelles (Udes…), aux associations de chômeurs, à des clubs d’employeurs (CroissancePlus ou le CJD par exemple). Des parlementaires en seront également, même si les mesures ne nécessiteront pas de loi.

Le Medef ou la CFDT – qui avaient réclamé, au sortir de la négociation, une réunion tripartite associant syndicats, patronat et Etat – en seront pour leurs frais. Ils n’échapperont pas à de nouveaux échanges sur des sujets qui les opposent depuis des années, le ministère du Travail jugeant qu’ils n’ont pas été traités pour des questions de postures. « Certaines lacunes du système n’ont pas été assez partagées », a affirmé Muriel Pénicaud.

Des sujets qui fâchent

En tête de chapitre, il y a bien sur la multiplication des contrats courts. « Le statu quo n’est plus possible », a affirmé Edouard Philippe, renvoyant à la responsabilité des employeurs, mais sans prononcer de lui-même le mot qui fâche, celui de bonus-malus. Prié de dire si un mécanisme de modulation des cotisations chômage patronales verrait bien le jour (une promesse – réitérée – de campagne d’Emmanuel Macron), le Premier ministre s’en est tiré par une pirouette. « Personne ne nous a proposé de meilleure solution. Pour l’instant c’est sur la table », a-t-il répondu bien décidé, en revanche, à maintenir  l’épure des économies de la lettre de cadrage (entre 1 et 1,3 milliard d’euros par an).

Autre sujet qui fâche,  l’indemnisation des hauts revenus, dans le viseur de l’exécutif . Edouard Philippe et Muriel Pénicaud ont à l’unisson mis en avant la forte générosité du système français qui plafonne les allocations à 7.700 euros brut par mois, loin devant le Danemark cité (par erreur) comme le second pays le plus généreux en Europe. Ce, alors que le taux de chômage des cadres est très bas.

La concertation, enfin, doit s’attaquer aux règles de calcul des taux de remplacement qui, toujours selon l’exécutif, font qu’un chômeur sur cinq reçoit une allocation supérieure à la moyenne de ses salaires antérieurs. Un chiffre très contesté par les syndicats.