Assigné à résidence à Tokyo, Carlos Ghosn a quitté le Japon pour Beyrouth – Les Échos

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Rebondissement spectaculaire dans l’affaire Ghosn. L’ex-PDG du groupe Renault-Nissan est arrivé lundi soir à Beyrouth en provenance de Turquie, selon plusieurs sources dont le quotidien « L’Orient-Le Jour », malgré son assignation à résidence à Tokyo dans l’attente de son procès.

Les circonstances de son transfert dans la capitale libanaise, que nous avons pu confirmer de bonne source, ne sont pas claires à ce stade. L’ex-PDG serait arrivé à bord d’un jet privé en provenance de Turquie.

Quatre inculpations de corruption

Toujours sous le coup d’une assignation à résidence à Tokyo depuis sa deuxième sortie de prison le 25 avril dernier , le PDG franco-libanais était en attente d’un procès, probablement dans le courant de l’année 2020, pour quatre inculpations de corruption, dont deux pour dissimulation de revenus aux autorités boursières et deux pour abus de confiance.

Ces derniers mois, Carlos Ghosn passait des heures avec ses avocats à bâtir sa défense au Japon pour le procès de sa vie. Dans le système judiciaire japonais, les chances d’échapper à une condamnation après une procédure d’inculpation sont infimes et l’ancien dirigeant était persuadé qu’il serait condamné.

Stratégie de défense

La stratégie de défense du dirigeant se concentrait d’ailleurs sur la dénonciation du système pénal japonais, à la fois concernant ses conditions d’incarcération – 108 jours dans la prison de Kosuge en détention préventive – et celles de son contrôle judiciaire, qui lui interdisaient notamment tout contact avec son épouse, pourtant pas poursuivie dans ce dossier. Sur le fond de l’affaire, les avocats de Carlos Ghosn dénoncent un complot de la part de dirigeants de Nissan de concert avec le bureau du procureur de Tokyo.

La perspective du procès de Carlos Ghosn embarrassait les autorités japonaises qui s’attendaient à un déballage gênant sur le système judiciaire nippon alors que le Japon s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques à l’été 2020. Elles craignaient notamment la dénonciation d’un complot et la mise en cause des magistrats ainsi que des anciens cadres de Nissan.

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