Assaut du Capitole : entre grands principes et réalisme politique, le dilemme démocrate face à une possible mise en accusation de Donald Trump – Le Monde

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La speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le vice-président, Mike Pence, au Capitole, le 7 janvier à Washington DC.

La probabilité que Donald Trump devienne le seul président de l’histoire des Etats-Unis mis en accusation à deux reprises au cours de ses fonctions a gagné en vigueur, lundi 11 janvier.

Cinq jours après l’assaut donné par certains de ses fidèles contre le Capitole, le saint des saints de la démocratie américaine, la volonté de placer le président américain face à ses responsabilités avant la fin de son mandat, qui interviendra le 20 janvier à midi, a expliqué le dépôt en un temps record d’une résolution de mise en accusation concentrée en quatre courtes pages.

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Contrairement à la première procédure d’impeachment, ouverte en septembre 2019, les démocrates considèrent que les faits se suffisent à eux-mêmes et que nulle enquête n’est donc nécessaire.

Le texte de cette résolution met notamment en avant les déclarations incendiaires faites publiquement par Donald Trump lors d’un rassemblement avec ses sympathisants, au matin du 6 janvier, qui a débouché sur l’invasion du Congrès. Il s’agissait de tenter de retarder ou de remettre en cause la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle. La résolution ajoute les pressions exercées sur des responsables républicains chargés de la supervision des élections en Géorgie lors d’une conversation téléphonique enregistrée à son insu, le 2 janvier. Ils avaient alors été sommés de « trouver » des votes lui permettant de devancer son adversaire démocrate.

« Donald Trump, une menace pour la démocratie »

« Tout cela fait que le président Trump a gravement mis en danger la sécurité des Etats-Unis et de ses institutions gouvernementales », estiment les auteurs démocrates de la résolution. « Il a menacé l’intégrité de la démocratie, interféré avec la transition pacifique du pouvoir, et mis en péril une branche » de l’Etat fédéral, poursuivent-ils. « C’est pourquoi, Donald John Trump, par une telle conduite, a démontré qu’il restera une menace pour la sécurité, la démocratie et la Constitution s’il est autorisé à rester au pouvoir et à agir d’une manière manifestement incompatible (…) avec l’Etat de droit. »

La speaker démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (Californie), a fait savoir lundi à ses collègues qu’ils devaient se préparer à se rendre à Washington dès le lendemain dans l’hypothèse d’un vote en séance plénière organisé mercredi.

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Forte de cette résolution et des voix nécessaires pour la faire adopter, ce qui conclurait la première étape d’une procédure qui se poursuivrait ensuite au Sénat, la speaker attend désormais une démission de Donald Trump, ou bien sa mise à l’écart avant de passer formellement au vote. Le vingt-cinquième amendement de la Constitution des Etats-Unis permettrait en effet au vice-président, Mike Pence, s’il est soutenu par une majorité du cabinet (gouvernement), de pousser vers la sortie Donald Trump, une fois constatée son incapacité à remplir ses fonctions.

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