Disponible depuis le 5 octobre, Assassin’s Creed Odyssey plonge le joueur dans un vaste monde ouvert au cœur de la Grèce antique du début de la guerre du Péloponnèse.

Dans son sonnet « Heureux qui comme Ulysse » Joachim Du Bellay utilisait la culture antique pour faire l’éloge de la patrie et de la langue française. Ubisoft s’en inspire pour replonger le joueur dans une Odyssée qui lui est propre et faire l’éloge de l’aventure et de la découverte.

À vue d’aigle, la Grèce est sublime ; à pied elle est vaste, dangereuse et fascinante à la fois. C’est dans cet univers mythique que se déroule le nouvel opus d’Assassin’s Creed. En nommant son jeu Odyssey, le studio Ubisoft place sa création dans la lignée des péripéties  d’Ulysse. On y incarne Alexios ou Kassandra qui, comme le héros aux mille ruses, va entamer un périple sans fin sur la mer Égée.

Le jeu commence en 431 avant JC, au début de la guerre du Péloponnèse qui voit s’affronter Athènes et Sparte. Après des cinématiques qui sont un clin d’œil au film 300, une nouvelle Odyssée peut débuter. Ulysse est mort depuis longtemps – son palais est en ruine – mais l’île d’Ithaque est toujours là, comme décrite par Homère :

« Dans Itakhè il n’y a ni routes pour les chars, ni prairies ; elle nourrit plutôt les chèvres que les chevaux et plaît mieux aux premières. Aucune des îles qui s’inclinent à la mer n’est grande, ni munie de prairies, et Ithakè par-dessus toutes. »

L’Ithaque créée par les développeurs d’Ubisoft colle parfaitement à la description de l’Odyssée. Les chèvres sont toujours là – sans doute pas les mêmes, à moins qu’ils ne s’agissent de bêtes immortels – les oliviers et l’antre des naïades aussi. On s’y croirait presque, si les poules de la ferme aux chèvres n’attaquaient en masse le voyageur trop curieux ; sans doute une petite dédicace à Zelda où il est dangereux de taquiner les galliformes.

Ulysse avait dû naviguer quatre longues années avant de pouvoir reposer pied sur sa terre aimée. Le jouer va devoir lui aussi se plonger dans cette aventure pendant une centaine d’heures s’il veut aller au bout de sa quête.

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« C’est vous qui fixez les règles, explique Marc-Alexis Côté, producteur du jeu. Que vous soyez Alexios ou Kassandra, que vous vouliez devenir un tireur d’élite, un guerrier ou un assassin, ou bien explorer les mers à bord de votre navire ou même vous perdre dans la magnifique région du Péloponnèse. Vous avez des outils pour faire de ce voyage votre propre aventure. »

Assassin’s Creed Odyssey est disponible depuis le 5 octobre.

C’est dans l’exploration et la découverte qu’Assassin’s Creed Odyssey se révèle sublime. Si l’accomplissement de certaines quêtes peut paraître répétitif à la longue, se déplacer reste toujours un moment de grâce. La mer Égée fourmille de pirates et bateaux militaires, les loups et brigands vous attaqueront dans les forêts où se cachent aussi divers temples et grottes remplis de trésors. Grimper sur les hauteurs c’est s’assurer un splendide panorama. On retrouve aussi, parfois avec plaisirs, des personnages que nous avons pu aider auparavant, comme si on croisait un ami perdu de vue depuis longtemps. La présence de nombreux rivaux, ces mercenaires payés à vous éliminer, pimente aussi les excursions.

En cas de mauvaises rencontres, restent alors deux solutions : se cacher ou se battre. Le jeu pousse à calculer ses chances de réussite avant d’engager le fer. Le système de combat s’appuie sur le contre, l’esquive et l’utilisation d’aptitudes à débloquer sur un arbre de compétence qui transformera grandement votre manière de vous battre, selon vos préférences d’évolution. Comme tout bon RPG, le choix de l’équipement et de l’armement influe aussi beaucoup sur votre style (de combat ou vestimentaire).

« La liberté de décision est au centre de cette expérience »

Dans ce monde en guerre permanente il n’est pas facile de prendre la bonne ou mauvaise route. Le mercenaire Alexios ou Kassandra devra constamment trancher et choisir le camp à rallier pour différentes missions, affrontant en conséquence le courroux des Spartiates ou des Athéniens. « Les joueurs devront assumer la responsabilité de leurs actions car tout ce qu’ils feront aura un impact sur l’histoire et le monde autour d’eux », prévient Ubisoft qui s’enthousiasme d’« un système de choix comportant plus de 30 heures de dialogue » et qui promet que « la liberté de décision est au centre de cette expérience ».

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La quantité n’est pas toujours un très bon argument. Si certains interludes cinématiques sont palpitants, tous les dialogues ne se valent pas, et certains sont mal joués. Pourtant on ne cesse de se demander tout au long du périple si la décision prise était la bonne, ou pas, et on oscille entre le désir de poursuivre l’aventure et celui de tout recommencer pour voir si elle aurait été différente. En tout cas, on ne veut plus lâcher la manette.

Patxi Berhouet