Assassinat d’un groupe d’humanitaires dans une réserve au Niger – Le Monde

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Le véhicule des humanitaires, après son attaque, près de Kouré, à une soixantaine de kilomètres de Niamey, le 9 août.

Les assaillants n’ont laissé aucune chance à leurs victimes. De l’attaque qui a eu lieu dimanche 9 août, dans la réserve de Kouré, à une heure de route de la capitale du Niger, Niamey, et a pris pour cible les passagers d’un Land Cruiser hard-top de l’organisation humanitaire française Acted, personne n’est sorti vivant.

Dans le véhicule tout terrain, les passagers étaient au nombre de huit, dont six Français, selon le ministre de la défense nigérien, Issoufou Katambé, cité par l’agence Reuters, et deux Nigériens. Le premier était le chauffeur du Land Cruiser. Le second, Kadri Abdou, était le président de l’Association des guides de la réserve de Kouré, où se trouve, à soixante kilomètres de la capitale, un groupe de très rares girafes d’Afrique de l’Ouest. Cette association a annoncé son décès dans un communiqué, dimanche, et confirmé que six expatriés avaient aussi trouvé la mort lors d’une attaque attribuée par cet organisme à « une unité de terroristes ».

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Les assaillants, encore non identifiés, se déplaçaient à moto dans la réserve. Dans les heures qui ont suivi l’attaque – laquelle a eu lieu en fin de matinée –, la zone a été bouclée, en vain. Les hommes qui ont tué les passagers de la voiture d’Acted ont pu s’évanouir dans la nature. Sans doute ont-ils pris la direction du nord. Les impacts de balles sur le Toyota, visibles sur des photos qui circulent, montrent que le véhicule a été pris pour cible à une faible distance. Ceux qui n’ont pas été tués par ces premiers tirs l’ont été ensuite. Une femme qui s’était échappée a été rattrapée, selon une source sur place, avant d’être égorgée. Plusieurs autres ont été exécutées d’une balle dans la tête, leur corps abandonné non loin du véhicule, qui a ensuite été incendié.

L’organisation humanitaire, par la voie de son avocat, Joseph Breham, a confirmé à l’Agence France-Presse que « plusieurs » des victimes de l’attaque « sont des salariés d’Acted ». Certaines informations, non confirmées, faisaient état dimanche soir de la présence possible, dans le groupe de victimes, d’expatriés travaillant pour une autre organisation.

Acted intervient au Niger auprès de populations déplacées dans plusieurs zones touchées par les attaques de combattants de groupes djihadistes. Vers la frontière avec le Nigeria, d’abord, dans la région de Maradi, où se trouve l’aire d’action du groupe Boko Haram. Mais aussi à l’autre bout du pays, dans un arc s’étendant entre le Mali et le Burkina Faso, où deux autres formations sont actives : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Ces deux formations fédèrent des groupes plus petits. Elles sont aussi, depuis plusieurs mois, entrées en conflit l’une avec l’autre.

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