Le chef de l’Etat sera à la nécropole de Boulouris (Var), où reposent les corps de 464 combattants de la Ire armée française, jeudi 15 août, pour célébrer le 75e anniversaire du débarquement allié dans le sud de la France.

Par Publié aujourd’hui à 02h26, mis à jour à 08h50

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Emmanuel Macron  à Bormes-les-Mimosas (Var), le 27 juillet.

Emmanuel Macron  à Bormes-les-Mimosas (Var), le 27 juillet. GERARD JULIEN / AFP

Un président de la République n’est pas là pour se contenter d’« inaugurer les chrysanthèmes », dirait Charles de Gaulle. Mais « faire président » – selon la formule de Nicolas Sarkozy – consiste aussi à incarner la République lors de commémorations. A célébrer « cette histoire commune qui nous fait français », comme le souligne l’entourage d’Emmanuel Macron.

François Hollande, dont le quinquennat coïncidait avec le centenaire de la première guerre mondiale, avait parfois été raillé pour sa propension à multiplier ce genre de rendez-vous, comme pour échapper aux supplices du quotidien.

L’actuel chef de l’Etat, lui, a choisi d’y avoir recours avec plus de parcimonie. Ce qui ne l’a pas empêché de marcher sur les traces des poilus lors d’une « itinérance mémorielle », en novembre 2018, ou de recevoir, en juin, les grands de ce monde à l’occasion des 75 ans du débarquement de Normandie. Utile pour se placer en surplomb de l’actualité et de ses contraintes. En particulier aujourd’hui, dans une période où le locataire de l’Elysée a décidé de laisser plus de place à son premier ministre, Edouard Philippe.

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C’est à un autre soixante-quinzième anniversaire qu’Emmanuel Macron va se consacrer, jeudi 15 août : celui du débarquement allié en Provence, qui contribua, en 1944, comme celui de Normandie, à libérer la France de l’occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale. La cérémonie doit se dérouler à la nécropole de Boulouris, sur la commune de Saint-Raphaël, dans le Var, où reposent les corps de 464 combattants de la Ire armée française. C’est la première fois que le chef de l’Etat va participer aux cérémonies sur place.

« Destins croisés »

Il avait annoncé sa venue, le 11 juillet, à l’occasion de la réception à l’Elysée de représentants de la diaspora africaine. M. Macron a, en effet, décidé de profiter de cet anniversaire pour souligner le rôle dans le conflit des combattants issus des anciennes colonies françaises.

« Les soldats coloniaux ont été essentiels [en août 1944], une véritable colonne vertébrale. Près de 70 % des soldats français étaient originaires d’outre-mer, que ce soit d’Afrique ou du Pacifique. C’est quasiment l’empire qui débarquait en Provence », rappelle l’historien Julien Fargettas, qui a publié un ouvrage sur Les Tirailleurs sénégalais (Tallandier, 2012).