Les maires de Vosges sont en pleine discussion pour organiser l’aide à la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Une convergence de savoir-faire

« C’est un grand moment de solidarité. Un événement survenu dans un endroit relativement petit attire l’attention de millions de personnes en France et au-delà », souligne Dominique Peduzzi, président de l’association des maires des Vosges.

Dans le département, cette aide prendra des formes diverses. « L’aide financière est évoquée, mais aussi la souscription de compétences. Certaines entreprises sont déjà venues nous trouver pour proposer leurs services. Mais pour le moment, le temps est à l’émotion. Avant d’organiser l’aide, il faudra évaluer les besoins réels. Puis, c’est au cours des conseils municipaux que seront prises les décisions officielles ».

Pour Dominique Peduzzi, l’organisation de l’aide doit s’étendre à toute la métropole : « Une solution serait de décentraliser les chantiers, que chaque département apporte sa pierre à l’édifice. Sur toute la France, nous aurions alors mille chantiers qui fabriqueraient 40 000 pièces ».

nancy – « Je jouais quand l’alarme s’est déclenchée »

Johann Vexo est organiste de chœur à Notre-Dame. Photo ER /J.-B.M.
Johann Vexo est organiste de chœur à Notre-Dame. Photo ER /J.-B.M.
Johann Vexo est organiste de chœur à Notre-Dame. Photo ER /J.-B.M.
« Je suis abattu. » Organiste de chœur à Notre-Dame, Johann Vexo est encore stupéfait de la tournure de la soirée de lundi. « Cela fait 15 ans que je suis organiste à Notre-Dame ; je n’aurais jamais cru vivre ça ». Passé par le conservatoire de Paris, organiste titulaire à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation à Nancy bien qu’habitant à Paris, Johann Vexo officiait lundi durant la messe de 18 h 15. « Une alarme incendie s’est déclenchée vers 18 h 30. C’était la première fois que je l’entendais et nous ne savions pas ce que c’était. On nous a expliqué ce que c’était et Notre-Dame a été évacué », narre-t-il. « J’étais avec une chanteuse. Nous avons pensé à un dysfonctionnement du PC sécurité et nous sommes rentrés à nouveau dans la cathédrale. »

Les minutes s’égrainent, sans que l’organiste nancéien ne se doute de quelque chose. « Nous étions toujours persuadés qu’il s’agissait d’un dysfonctionnement », appuie-t-il avant d’expliquer qu’il n’a rien constaté d’anormal avant de quitter les lieux. « La messe a été annulée et je suis parti vers 18 h 45. Je n’ai vu ni fumée, ni feu, ni pompiers. » Il est averti de l’incendie quelques minutes après par un ami. « C’est là que j’ai vu les flammes par la fenêtre de mon appartement. J’étais anéanti. »

La suite est un cauchemar éveillé pour Johann qui a voulu se rendre sur les lieux pour finalement s’arrêter place du Châtelet et y rester deux minutes. « C’était trop difficile. J’ai passé des jours et des nuits à travailler à Notre Dame ».

Johann n’a pas pu voir ses instruments depuis qu’il a quitté l’île de la Cité. « A priori, ils ont pu échapper au massacre » explique-t-il sans être soulagé pour autant.

Jean-Baptiste MARTIN