Après le Brexit, les nouveaux défis de Boris Johnson – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors de la signature de l’accord post-Brexit avec l’Union européenne, le 30 décembre au 10 Downing Street, à Londres.

Remise en service pour l’occasion, la cloche Big Ben a retenti dans le froid humide, le 31 décembre, à 23 heures (de Londres), au-dessus du quartier de Westminster rendu désert par l’épidémie, pour marquer la sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), après presque cinquante ans d’aventure commune. La capitale a fêté la nouvelle année avec un ballet de drones lumineux au-dessus de la Tamise. Depuis le 10 Downing Street, Boris Johnson s’est contenté d’un bref message vidéo, se félicitant de nouveau d’avoir décroché un accord « de commerce et de coopération » avec Bruxelles la veille de Noël.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’accord sur le Brexit n’est que le début de longues négociations avec le Royaume-Uni

« Quand le soleil se lèvera demain, en 2021, (…) nous aurons la liberté de faire les choses différemment et si nécessaire, mieux que nos amis en Europe », s’est félicité le premier ministre britannique. Il a aussi insisté sur ce « moment formidable » que vivait le pays, et promis « un Royaume-Uni global, ouvert, généreux, internationaliste et pro-libre-échange ». A la toute nouvelle frontière douanière avec l’UE, vendredi 1er janvier au matin, la catastrophe redoutée n’a pas non plus eu lieu : les journalistes envoyés à Calais et à Douvres ont constaté un trafic rare, mais fluide.

Tête d’affiche de la campagne pour le Brexit, lors du référendum de 2016, M. Johnson a réussi le pari de mener à son terme le divorce d’avec l’UE. Cette séparation, les Européens l’ont vécue comme une déchirure et ont longtemps cru qu’elle n’aurait pas lieu, que les intérêts économiques et le pragmatisme britannique prévaudraient sur un discours populiste accusant à tort Bruxelles d’être responsable de tous les maux du pays. Ils ont eu tort. Pour autant, l’ex-journaliste, qui s’est fait un nom en caricaturant leurs travers au début des années 1990, n’est pas au bout de ses peines.

Non-événement

Première urgence : éviter de perdre totalement le contrôle de l’épidémie de Covid-19, alors que le variant du virus SARS-CoV-2 (au moins 50 % plus contagieux) se répand du sud de l’Angleterre à tout le territoire du Royaume-Uni. Le gouvernement veut accélérer sa campagne de vaccination à partir du 4 janvier (2 millions d’injections par semaine), grâce au feu vert donné au vaccin AstraZeneca/Oxford, bien plus facile à déployer que le vaccin Pfizer-BioNtech. Il doit absolument y parvenir pour éviter des dizaines de milliers de morts supplémentaires, un confinement général et prolongé du pays et une crise économique encore plus abyssale.

Il vous reste 65.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: