Après l’attentat de Nice, les zones d’ombre du parcours du suspect, Brahim A., arrivé en Europe le 20 septembre – Le Monde

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La police monte la garde devant la basilique Notre-Dame, après l’attaque terroriste qui a tué trois personnes, à Nice, le 29 octobre.

Il suffit de trois mots pour faire basculer une journée, surtout quand ceux-ci sont envoyés de bon matin, par des sources policières, dont le laconisme est proportionnel à la gravité des faits : « Décapitation à Nice. » Le résumé est cru, incomplet, et pourtant parfaitement adapté pour décrire les événements qui viennent de se dérouler dans la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption. Parce qu’ils disent la violence de l’acte qui vient d’être commis. Et parce qu’ils ne disent pas, comme si cela n’était pas utile de le préciser, tant le pli semble pris, qu’un nouvel attentat vient d’être perpétré en France. Un terroriste islamiste a frappé l’église au cœur, deux semaines après que l’un de ses semblables a frappé l’école au cœur, cinq semaines après qu’un autre de ses semblables a frappé la presse au cœur, en l’occurrence Charlie Hebdo, ou plutôt ce qu’il croyait être Charlie Hebdo, ce qui revient au même.

« Décapitation à Nice. » Le résumé est incomplet donc : en réalité, une femme de 60 ans a subi « un égorgement très profond de l’ordre d’une décapitation », selon les mots de Jean-François Ricard, le procureur national antiterroriste. Le sacristain de l’église, âgé de 55 ans, a été poignardé à mort à la gorge. Une autre femme de 44 ans a été blessée, est parvenue à s’enfuir pour se réfugier dans un restaurant à proximité. Répit de courte durée : elle est décédée des suites de ses blessures, après avoir eu un mot d’amour pour ses enfants.

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La scène d’horreur a duré presque une demi-heure entre 8 h 29, heure à laquelle le terroriste est entré dans l’église, et 8 h 57, celle à laquelle quatre fonctionnaires de la police municipale ont à leur tour pénétré dans l’édifice religieux. Ils ont longé un couloir étroit, sont tombés nez à nez avec l’assaillant qui criait « Allahou Akbar ! » (« Dieu est grand ! » en arabe) un couteau de 30 cm à la main, ont tenté sans succès de le neutraliser avec un pistolet à impulsion électrique, avant de lui tirer dessus à quatorze reprises, soit le nombre de douilles qui ont été retrouvées sur place. L’homme, touché à la jambe, au torse et à l’épaule, a été grièvement blessé et a été évacué vers l’hôpital en urgence absolue. Il n’était pas encore sorti d’affaire jeudi soir.

La police a mis en place un périmètre de sécurité aux abords de la basilique Notre Dame, après l’attaque terroriste, à Nice, le 29 octobre.

Un parcours à trous

Sur lui les enquêteurs ont trouvé un document de la Croix-Rouge italienne l’identifiant comme Brahim A., un Tunisien né en 1999, arrivé en Europe par l’île de Lampedusa, le 20 septembre, et dont le parcours présente à ce stade beaucoup de zones d’ombre. Tout juste sait-on que le jeune homme a débarqué à Bari, dans les Pouilles, le 9 octobre, vraisemblablement après avoir subi une quarantaine en raison d’une contamination par le coronavirus, selon une source policière.

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