Après Huawei et ZTE, Washington cible désormais China Telecom

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Après Huawei et ZTE, Washington cible désormais China Telecom

Alors que la crise sanitaire fait rage de par le monde, la guerre commerciale que se livrent Washington et Pékin est loin de s’arrêter. Après s’en être pris à Huawei et ZTE, l’administration Trump vient ainsi de raviver les tensions en s’attaquant à un autre géant des télécoms made in China, à savoir China Telecom.

Dans un document rendu public ce jeudi, le ministère américain de la Justice a ainsi demandé au régulateur américain des télécoms, la Commission fédérale des communications (FCC), de révoquer l’autorisation accordée à China Telecom (Americas) Corp de fournir des services de télécommunications internationales à destination et en provenance des Etats-Unis.

« Il s’agit d’une question de sécurité nationale et de sécurité publique. C’est pourquoi le gouvernement fédéral doit être vigilant et s’assurer qu’un adversaire étranger ne puisse pas saper les réseaux dont notre pays dépend », a justifié le procureur général William P. Barr, alors que cette requête est effectuée au nom du nouveau comité formé par le président américain Donald Trump pour évaluer la participation étrangère dans le secteur des services de télécommunications des Etats-Unis. Ce groupe, qui comprend le procureur général et les secrétaires à la sécurité intérieure et à la défense, est chargé de superviser les licences de la FCC pour les télécommunications étrangères.

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Un lot de reproches

Le procureur américain a justifié l’action intentée contre China Telecom par l’évolution de l’environnement de sécurité nationale depuis 2007 et une meilleure connaissance du rôle de Pékin dans les cyberactivités malveillantes visant les Etats-Unis. Il a également fait part de son inquiétude d’une ingérance du régime chinois dans le fonctionnement et l’activité de China Telecom, à l’instar de ce que reproche déjà Washington à Huawei, soupçonné d’accointances avec Pékin.

L’exécutif reproche également à China Telecom des déclarations inexactes concernant l’endroit où sont stockés des documents américains ou concernant ses pratiques en matière de cybersécurité, ce qui soulève des questions quant au respect par l’opérateur chinois des lois américaines sur la cybersécurité et la protection de la vie privée. Enfin, le procureur avance que la nature même de l’activité de China Telecom aux Etats-Unis offre aux acteurs étatiques chinois la possibilité de se livrer à des activités malveillantes dans le domaine de la cybersécurité, permettant l’espionnage économique et la perturbation des réseaux de télécommunications américains.

« La sécurité de nos communications gouvernementales et professionnelles, ainsi que de nos données les plus privées, dépend de notre recours à des partenaires de confiance issus de nations qui partagent nos valeurs et nos aspirations pour l’humanité. L’action d’aujourd’hui n’est que la prochaine étape pour assurer l’intégrité des systèmes de télécommunications américains », a relevé le procureur général adjoint pour la sécurité nationale John C. Demers pour justifier de ce changement de ton sans précédent du côté de Washington.

China Telecom se défend

Un revirement qui ne plaît pas du côté de Pékin. Interrogé ce vendredi, le ministère des Affaires étrangères chinois a une nouvelle fois taxé Washington de régler à bon compte des affaires commerciales en arguant de questions de sécurité nationale. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a ainsi déclaré que les Etats-Unis doivent cesser de politiser les questions commerciales.

« Nous exhortons les Etats-Unis à respecter les principes de l’économie de marché, à cesser leurs pratiques erronées de généralisation de la sécurité nationale et de politisation des questions économiques, et à mettre fin à l’oppression injustifiable des entreprises chinoises », a indiqué ce dernier.

De son côté, l’état-major de la branche américaine de China Telecom est également monté au créneau. « Nous nions sans équivoque ces allégations. La société a toujours été extrêmement coopérative et transparente avec les régulateurs. Dans de nombreux cas, nous sommes allés au-delà de ce qui était demandé pour démontrer comment notre entreprise fonctionne et sert ses clients en suivant les normes internationales les plus strictes », a ainsi fait savoir Ge Yu, le directeur de la communication de ce qui constitue aujourd’hui la plus importante filiale de China Telecom à l’étranger.

Rappelons que China Telecom n’en est pas à son premier scandale. L’entreprise a ainsi été accusée de « détourner la dorsale internet vitale des pays occidentaux » en 2018 et en 2019, pour faire transiter le trafic américain et européen par des points de présence Internet (PoP) chinois. Des accusations soutenues par la direction d’Oracle, qui confirmait la même année que China Telecom s’était livrée à une « mauvaise orientation » du trafic internet.

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