Trois mois après l’activation de la fonction d’électrocardiogramme sur les Apple Watch Series 4, les praticiens américains n’ont apparemment pas fait face à un déluge d’appels de patients inquiets, les sollicitant à tout bout de champ pour s’assurer du bon fonctionnement de leur cœur.
Sumbul Desai, Apple
Dans une interview donnée à MobileHealthNews, le docteur Sumbul Desai, Vice-présidente chez Apple au sein de l’équipe Santé — elle exerce toujours en parallèle en tant que médecin — explique que cette augmentation des requêtes de patients équipés de la montre est de l’ordre de « l’anecdotique ».

Certains de ses confrères ont toutefois commencé à recevoir par mail des PDF générés par l’électrocardiographe de l’Apple Watch (une fonction réservée pour l’heure aux modèles vendus aux États-Unis, lire Apple Watch Series 4 : aperçu en français de l’application ECG).
Exemple d’un cardiogramme produit par l’Apple Watch et que l’on peut transmettre à son médecin
La frustration la plus courante réside davantage dans la manière de traiter ces informations au travers des systèmes et logiciels utilisés au quotidien, dit-elle.

Apple travaille à la fois sur l’émission de données de santé via l’Apple Watch et sur la compilation de votre historique santé au sein d’un dossier électronique. Plusieurs hôpitaux et des cliniques américains ont déjà lancé une passerelle entre leurs portails/apps mobiles et la section “Dossiers médicaux” dans l’app “Santé” d’iOS.

Dans cet espace, l’app peut regrouper les infos sur vos allergies et les vaccinations effectuées, vos résultats d’analyses, vos ordonnances ou des données sur votre condition physique, produites par des appareils comme l’Apple Watch. Il y a quelques jours, la branche santé du Département des Anciens combattants des États-Unis annonçait qu’à son tour, les 9 millions de patients issus de l’armée américaine, qui fréquentent quelques 1 250 établissements à travers le pays, pourront bientôt intégrer leur dossier médical dans celui de l’app Santé d’Apple.
Le dossier médical dans l’app Santé d’Apple
« En tant que docteur, je vais voir des patients en salle d’urgence… et bien souvent la question qu’on pose c’est “Quels médicaments prenez-vous… Maintenant on a un endroit où le voir et ça peut être extrêmement utile », illustre Sumbul Desai, tout en reconnaissant que le chemin est encore long avant que le regroupement d’un historique médical, au sein d’un même dossier électronique mobile comme celui de l’app Santé, devienne courant.

À propos de la fonction de détection d’une chute (et appel automatique des secours, si nécessaire), MobileHealthNews fait remarquer que le public le plus concerné ne constitue pas forcément la clientèle type de l’Apple Watch, plus jeune (dans les réglages, la fonction est activée automatiquement lorsqu’on a 65 ans au moins, sinon il faut la régler manuellement).

Il n’y a pas de catégorie d’âge plus susceptible qu’une autre de faire face aux risques de chutes graves, rétorque le docteur Desai : « Lorsque nous mettons au point nos produits, nous ne nous disons pas “Mhmm, quelle démographie allons-nous viser avec ça ? On le fait en pensant à tout le monde ».
Idem pour la détection de la fibrillation atriale au moyen de l’Apple Watch. La population âgée est concernée au premier chef, mais pas seulement. Les plus jeunes peuvent aussi en souffrir, dit-elle, pointant vers le programme d’étude menée depuis 2017 par Apple, aux États-Unis, auprès de particuliers âgés d’au moins 22 ans : « Ce que nous faisons c’est observer une population qui n’a jamais été diagnostiquée pour peut-être déceler les occurrences en matière de fibrillation atriale au sein de tous les profils d’individus […] on peut permettre à des gens de découvrir qu’ils sont des sujets à risque malgré l’absence de symptômes ».

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