RÉACTION – Face aux grèves et manifestations dans les universités algériennes contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, le gouvernement a décidé ce samedi d’avancer les vacances et de les allonger.
En Algérie, 53% de la population est âgée de moins de 30 ans. Et une partie croissante de cette jeunesse est inscrite dans l’enseignement supérieur. Sur les vingt dernières années, le nombre d’étudiants a été multiplié par plus de quatre dans le pays, passant de 425.000 en 1999 à plus de 1,7 million aujourd’hui. 
C’est donc fort logiquement que leur présence massive dans les rangs des contestataires, qui manifestent contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, et la grève qu’ils mènent depuis plusieurs jours avec les enseignants, préoccupent le pouvoir algérien…
Ce samedi, le ministère de l’Enseignement supérieur a donc décidé dans un arrêté que les vacances de printemps commenceront ce dimanche (10 mars) au lieu du 21 mars comme initialement prévu. Et qu’elles seront, en outre, allongées de dix jours, pour courir jusqu’au 4 avril.
L’objectif du régime est limpide : forcer les étudiants à quitter les campus. D’autant que beaucoup de ceux qui poursuivent leur cursus loin de chez eux, au nombre de 630.000, résident dans ces cités universitaires, qui se retrouveront fermées durant toute la durée des vacances. Dit autrement : les voici solennellement expulsés de leurs logements.
D’ores et déjà, les enseignants et les étudiants de l’université de Bédjaïa, en Kabylie, ont appelé à occuper les campus pour dénoncer cette décision. C’est peu dire que d’autres campus pourraient faire de même.