Tayeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel algérien, a démissionné, le 16 avril 2019. — Farouk Batiche / AFPL’une des principales figures du régime visées par les contestataires, Taïeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel algérien, a présenté sa démission, ce mardi, selon la télévision nationale.

Tayeb Belaiz, un fidèle du président Abdelaziz Bouteflika, qui a lui-même démissionné le 2 avril sous la pression du peuple et de l’armée, « a prévenu » le Conseil constitutionnel « qu’il avait présenté sa démission (…) au chef de l’Etat» par intérim, Abdelkader Bensalah, a annoncé la télévision nationale.

Le départ des « 3 B »

Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les candidatures à la présidentielle contestée fixée au 4 juillet pour élire un successeur au président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika et de veiller à la régularité des opérations de vote. Les contestataires, qui ont obtenu début avril le départ de Bouteflika après 20 ans de règne, réclamaient désormais notamment le départ des « 3 B » : le président par intérim Abdelkader Bensalah, le Premier ministre Noureddine Bédoui, et Tayeb Belaiz.

Le président du Conseil constitutionnel est notamment chargé par la Constitution d’assurer l’intérim à la tête de l’Etat en cas de démission d’Abdelkader Bensalah. Ancien magistrat, ministre de façon quasi-ininterrompue durant 16 ans, Tayeb Belaiz, 70 ans, avait été nommé le 2 février à la tête du Conseil constitutionnel par Abdelaziz Bouteflika, pour remplacer Mourad Medelci, décédé.

Le peuple réclame un scrutin libre et équitable

Tayeb Belaiz avait déjà présidé le Conseil constitutionnel de mars 2012 à septembre 2013. Cette démission intervient au 1er jour d’une révision exceptionnelle des listes électorales, qui doit durer une semaine, dans la perspective de la présidentielle du 4 juillet.

Des magistrats et des maires ont d’ores et déjà indiqué qu’ils boycotteraient la supervision de cette étape, importante avant l’organisation du scrutin. Pour les contestataires algériens, le maintien à la tête de l’Etat des structures et personnalités issues du « système » mis en place par Abdelaziz Bouteflika ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable pour élire son successeur.

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