Alexeï Navalny hospitalisé : «Nous savons qui est le coupable», déclare un ambassadeur français – Le Figaro

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La longue liste de noms que le diplomate français égraine sur Facebook se termine par un hashtag aussi évocateur qu’énigmatique : «Anna Politkovskaïa (journaliste, assassinée en 2006), Alexandre Litvinenko (ancien officier du renseignement, mort empoisonné au polonium en 2006), Natalia Estemirova (journaliste, assassinée en 2009), Boris Berezovsky (oligarque et opposant, “suicidé” en 2013), Boris Nemtsov (opposant, assassiné en 2015), Serguei Skripal (ancien officier du renseignement, empoisonné au novitchok en 2018), Piotr Verzilov (activiste, membre des Pussy Riots, empoisonné en 2018)… et maintenant Alexei Navalny. #NousSavonsQuiestLeCoupable », a écrit vendredi 21 août François Croquette, qui fait partie des ambassadeurs dits thématiques, en charge des droits de l’homme depuis 2017.

Le diplomate, qui a été par le passé en poste à Moscou, a ainsi réagi à l’hospitalisation de l’opposant russe au Kremlin, Alexeï Navalny, qui se trouve dans un état «stable» après son transfert d’Omsk en Sibérie à Berlin en Allemagne, ce samedi. Selon ses proches et soutiens, l’homme de 44 ans, toujours dans le coma, aurait été empoisonné après avoir bu un thé au cours d’un vol en avion, ce que les médecins russes ont contesté. Il se rendait de Tomsk à Moscou quand il a fait un malaise. L’appareil a dû faire un atterrissage d’urgence à Omsk.

En estimant connaître un coupable qu’on devine être directement ou indirectement le Kremlin, François Croquette va plus loin que la position de la diplomatie française. Jeudi, lors d’une conférence de presse commune avec Angela Merkel, le président Emmanuel Macron s’était dit « extrêmement préoccupé » par la situation d’Alexeï Navalny, et prêt, aux côtés de la chancelière, à lui offrir l’asile en France ou en Allemagne.

«Diagnostic médical global» en cours

Dans son message, François Croquette estime que le coupable est connu, mais sans le citer. Un nom, bien sûr, est dans tous les esprits, celui du chef d’État russe, Vladimir Poutine, que certains accusent d’être le commanditaire d’assassinats politiques. Une hypothèse jamais confirmée jusqu’à présent. François Croquette «a bien de la chance de savoir [qui est le coupable]. Plus sérieusement, on peut distinguer au moins trois catégories [dans les assassinats cités par le diplomate français] : les opérations contre des transfuges (Litvinenko et Skripal) probablement conduites par les “services” [secrets] ; les meurtres probablement liés au pouvoir tchétchène [Natalia Estemirova par exemple]», analyse sur Twitter Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe. Et la troisième catégorie ? Celui qui est également chercheur associé à l’IRIS envisage l’hypothèse de l’action de groupes privés faisant de la sous-traitance pour l’État russe. Mais, en cette manière, le secret est total ou presque.

Il est donc pour l’instant impossible de dire avec certitude qui pourrait être à l’origine d’un empoisonnement d’Alexeï Navalny. La prochaine étape est maintenant de déterminer l’origine du mal qui l’a frappé et de déterminer s’il s’agit bien d’un empoisonnement. La direction de l’hôpital de la Charité, à Berlin, l’un des plus réputés en Europe, a fait savoir que les médecins procédaient «à l’heure actuelle à un diagnostic médical global» qui devrait durer «quelque temps». Ils n’ont prévu de s’exprimer qu’après ces examens.

À voir aussi – Les tentatives d’attaques physiques à l’encontre de l’opposant russe, Alexeï Navalny

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