Alexeï Navalny en route vers Moscou, où les services pénitentiaires le menacent d’arrestation – Le Monde

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L’opposant russe Alexeï Navalny est monté à bord de l’avion qui doit le ramener à Moscou, dimanche 17 janvier, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne où il se remettait d’une tentative d’empoisonnement. Un retour en dépit des menaces d’arrestation brandies par la justice russe.

L’opposant russe Alexeï Navalny est monté à bord de l’avion qui doit le ramener à Moscou, dimanche 17 janvier, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne où il se remettait d’une tentative d’empoisonnement. Un retour en dépit des menaces d’arrestation brandies par la justice russe.

« Vais-je être arrêté ? C’est impossible, je suis innocent. En Allemagne, c’était bien, mais rentrer à la maison c’est toujours mieux », a-t-il clamé devant les journalistes à bord de l’appareil qui a décollé vers 15 h 15 de l’aéroport de Berlin.

Depuis que le pire ennemi du président Vladimir Poutine a annoncé, mercredi, son intention de rentrer dans son pays, les services pénitentiaires l’ont mis en garde et assuré qu’ils seraient « obligés » de l’arrêter pour avoir violé les conditions d’une peine de prison avec sursis dont il a écopé en 2014. Selon eux, quand il était en Allemagne, Alexeï Navalny n’a pas respecté son obligation de pointer au moins deux fois par mois à l’administration pénitentiaire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’opposant russe Alexeï Navalny veut tenter son grand retour à Moscou

L’opposant est aussi visé depuis fin décembre par une nouvelle enquête pour fraude, soupçonné d’avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (3,9 millions d’euros) de dons.

Benoît Vitkine est le correspondant du Monde à Moscou.

Alexeï Navalny, 44 ans, avait balayé ces manœuvres visant, selon lui, à « l’effrayer » et appelé, au contraire, ses partisans à venir l’accueillir à l’aéroport moscovite de Vnoukovo, où son avion doit atterrir vers 19 h 30 (17 h 30, heure française).

Une épine dans le pied du Kremlin

A l’aéroport moscovite, la police antiémeute est présente en force et un groupe de quelque 200 partisans est massé devant les barrières installées pour barrer l’accès à la salle des arrivées, selon des journalistes de l’Agence France-Presse. L’aéroport de Vnoukovo a déclaré qu’il n’autoriserait pas les médias à travailler dans le terminal, officiellement à cause de la pandémie de Covid-19.

« Voilà à quel point ils sont lâches, pathétiques et ridicules », a lâché M. Navalny sur Instagram avant le décollage, tournant en dérision dans d’autres messages sur Twitter les mesures drastiques prises par l’aéroport Vnoukovo. « Comme d’habitude, les autorités russes sont caractérisées par leur peur », a-t-il poursuivi.

Plus de 2 000 personnes avaient annoncé sur Facebook leur intention de venir l’accueillir, et la justice a mis en garde contre la participation à tout « événement public » non autorisé. Des militants qui devaient rejoindre Moscou depuis Saint-Pétersbourg pour accueillir l’opposant ont été stoppés par la police avant leur départ, selon les médias.

Des groupes nationalistes hostiles à M. Navalny ont, eux, menacé de l’accueillir avec de la « zelionka », antiseptique à la couleur verte difficile à nettoyer, dont l’opposant avait déjà été aspergé par le passé.

Pour les experts, le retour annoncé d’Alexeï Navalny est une épine dans le pied du Kremlin : le laisser libre serait une démonstration de faiblesse, l’emprisonner risquerait de provoquer un nouveau scandale.

Lire l’éditorial : Le retour d’Alexeï Navalny en Russie, un défi à Poutine, une leçon pour l’Europe

Le Monde avec AFP

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