L’un des fils de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’une des victimes de Mohamed Merah, a été admis ce jeudi soir aux urgences du CHU de Rouen (Seine-Maritime). Ce frère d’Imad Ibn Ziaten, le militaire lâchement assassiné par Merah le 11 mars 2012 à Toulouse (Haute-Garonne), affirme avoir été agressé vers 20 heures alors qu’il rentrait chez lui avec un ami près de Rouen. Cet ami a également été hospitalisé.

Ce fils de Latifa Ibn Ziaten revenait du travail et s’apprêtait à pousser la porte de sa maison de ville quand plusieurs personnes lui auraient alors bondi dessus. Selon son premier récit fait à Me Méhana Mouhou, avocat de la famille Ibn Ziaten, les agresseurs étaient au moins trois et portaient des « barbes d’islamistes ».

« L’agression a été très violente, sauvage même. Les deux victimes ont été rouées de coups, on leur a cogné la tête contre un mur. Il y avait du sang dans la pièce », rapporte l’avocat. Selon la même source, les deux victimes ont eu le sentiment que les agresseurs, qui n’ont pas dit un mot et n’ont rien volé, avaient « la volonté d’en finir ». Ils seraient partis après que le fils de Latifa Ibn Ziaten a annoncé que son père allait venir.

Des tags haineux sur sa maison il y a un mois

Le frère d’Imad Ibn Ziaten soutient qu’il n’avait jamais vu ces hommes auparavant. Selon Me Mouhou, il souffre notamment de blessures au visage et son ami également blessé a dû passer ce jeudi soir un scanner cérébral. L’avocat estime que les agresseurs ont dû guetter les deux hommes avant de les attaquer. Il a saisi dès ce soir le parquet de Rouen.

Selon une source proche de l’affaire, il est prématuré pour comprendre la nature de cette agression. « Il y a des contradictions sur les circonstances et les motifs, il faut rester prudent », tempère la même source.

De son côté, Me Méhana Mouhou pense que la famille Ibn Ziaten était clairement visée. « Ces faits interviennent un mois après les menaces de mort au domicile de Latifa Ibn Ziaten. Et maintenant on s’attaque à ses enfants. Cette agression est écœurante », réagit-il. Le 10 juin, la présidente-fondatrice de l’Association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix avait découvert des tags haineux et un autre glorifiant Merah. L’enquête est toujours en cours.

Depuis l’assassinat de son fils Imad, Latifa Ibn Ziaten a créé cette association comme une « réponse de paix et de fraternité » aux attentats perpétrés par Mohamed Merah. Elle sillonne les quartiers, intervient dans les écoles, dans les prisons, et participe à de nombreuses conférences afin de lutter contre l’extrémisme et prévenir la radicalisation.