Afghanistan : les talibans poursuivent leur offensive dans le nord et continuent de s’emparer de capitales régionales – Le Monde

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Un drapeau taliban flotte au-dessus de la place principale de la ville afghane de Kunduz, le 8 août.

Les talibans poursuivent leur inexorable avancée et consolident leur position dans le nord de l’Afghanistan. A quelques heures d’intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de la majeure partie de la grande ville de Kunduz, à 300 kilomètres au nord de Kaboul, qu’ils encerclaient depuis quelques semaines, et de Sar-e-Pul, 400 kilomètres plus à l’ouest. Ils se sont également emparés de la ville de Taloqan, dans le nord-est du pays.

A Kunduz, Ghulam Rabani Rabani, un membre du conseil provincial, a affirmé à l’agence Associated Press (AP) que les talibans s’étaient emparés des locaux du gouverneur et de la police, après des combats avec les forces gouvernementales. Les insurgés contrôlent également le bâtiment principal de la prison de la ville, a-t-il ajouté. Selon M. Rabani, les combats sont toujours en cours à l’aéroport de Kunduz. Un autre conseiller provincial, Mohammad Yusouf Ayubi, a assuré que les forces afghanes ne contrôlaient plus que cet aéroport et des locaux de l’armée.

« Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments-clés de la ville », a confirmé un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP). « C’est le chaos total », a décrit Abdul Aziz, un habitant joint par téléphone par l’AFP, selon qui « les talibans ont atteint la place centrale de Kunduz ; ils sont bombardés par l’aviation ». Le ministère de la défense a affirmé que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones cruciales de Kunduz : « Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés. »

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« La prise de Kunduz est vraiment importante, car elle va [permettre de] libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d’autres endroits du Nord », a souligné auprès de l’AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l’International Crisis Group.

Incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays

La ville de 270 000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et en 2016, est un carrefour stratégique du nord de l’Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. Fin juin, les talibans avaient pris le contrôle des districts enserrant Kunduz et de l’important poste-frontière de Shir Khan Bandar, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l’Asie centrale.

La prise de Kunduz constituerait le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive, en mai, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d’ici au 31 août. Après s’être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales.

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Sar-e-Pul, à 600 kilomètres à l’ouest de Kaboul, est, elle aussi, tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s’étaient déjà emparés, samedi, de Sheberghan, à 50 kilomètres plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rachid Dostom. « Les talibans ont encerclé un bataillon de l’armée en périphérie de la ville. Toutes les autres parties de la ville sont sous le contrôle des talibans », a déclaré Mohammad Hussein Mujahidzada, un membre du conseil de la province de Sar-e-Pul.

Les talibans ont aussi pris, dimanche, la ville de Taloqan, située à une soixantaine de kilomètres à l’est de Kunduz. « Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l’aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi », a déclaré un responsable de la sécurité, alors qu’un habitant a rapporté que « les talibans étaient partout ».

L’incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s’avérer décisive pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l’Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte antitalibans, où la résistance à leur endroit avait été plus grande lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

Des assauts sur plusieurs villes

Des Afghans constatent les dégâts causés par un bombardement aérien dans la ville de Lashkar Gah, dans la province du Helmand, au sud de Kaboul, le 8 août.

Vendredi, les insurgés avaient aussi saisi, sans rencontrer la moindre résistance, la ville de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l’Iran. Kandahar (sud) et Herat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leur assaut depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés.

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La rapidité de l’avancée talibane a pris par surprise les observateurs ainsi que les forces de sécurité afghanes, malgré l’aide reçue de l’armée de l’air américaine, qui a notamment bombardé les positions talibanes, samedi, à Sheberghan.

Les Etats-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du commandement central de l’armée américaine, qui a déclaré, samedi : « Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans. »

Le gouvernement afghan n’a pas réagi à la perte de ces capitales provinciales, sinon pour s’engager à les reprendre rapidement. Mais il avait fait la même promesse pour les nombreux districts ruraux et postes-frontières tombés depuis mai, sans résultat tangible.

Le Monde avec AFP

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