Afghanistan : le chef des talibans demande au nouveau gouvernement de faire appliquer la charia – Sud Ouest

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Par SudOuest.fr avec AFP

Les talibans ont annoncé la nomination de Mohammad Hassan Akhund à la tête du nouveau gouvernement afghan, auquel leur chef Hibatullah Akhundzada a demandé d’appliquer la charia

Trois semaines après avoir pris le pouvoir en Afghanistan, les talibans ont dévoilé mardi une partie de leur futur gouvernement qui sera dirigé par Mohammad Hassan Akhund.

Le cofondateur des talibans Abdul Ghani Baradar sera lui numéro deux du nouvel exécutif, a précisé Zabihullah Mujahid, principal porte-parole du groupe, lors d’une conférence de presse à Kaboul. Écouté par les différentes factions talibanes qui le respectent, Baradar a notamment conduit les négociations de Doha avec les Américains ayant mené au retrait des forces étrangères du pays.

Parmi les autres nominations annoncées mardi soir, celles du mollah Yaqoub, fils du mollah Omar, au poste de ministre de la Défense, et de Sirajuddin Haqqani, chef du réseau Haqqani à l’Intérieur. Ce dernier est recherché par le FBI, rappellent La Croix et BFMTV.

Amir Khan Muttaqi, négociateur taliban à Doha, a lui été nommé à la tête du ministère des Affaires étrangères. « Le gouvernement n’est pas au complet », a souligné Zabihullah Mujahid.

Charia

Peu après ces annonces, le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada a demandé mardi au nouveau gouvernement afghan de faire respecter la charia, dans son premier message depuis la prise de pouvoir des islamistes il y a plus de trois semaines. « J’assure à tous nos concitoyens que les gouvernants travailleront durement à faire respecter les règles islamiques et la charia dans le pays », a-t-il déclaré dans un communiqué en anglais.

Le chef des talibans, qui n’est pas apparu en public depuis très longtemps et dont les interventions publiques sont très rares, ajoute que le nouveau gouvernement fera en sorte d’installer « une paix, une prospérité et un développement durables », dans le pays. Il enjoint à ses compatriotes de ne pas quitter le pays, assurant que le régime taliban « n’a de problème avec personne », alors que plus de 120 000 Afghans se sont exilés ces dernières semaines par crainte des talibans.

Dans son long message, il dit également souhaiter « des relations fortes et saines avec les voisins de l’Afghanistan et tous les autres pays », et assure que son régime prendra « des mesures fortes et efficaces pour la protection des droits de l’Homme ».

« Exécutif inclusif »

De retour au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition emmenée par les États-Unis, les talibans sont attendus au tournant par la communauté internationale.

Ses promesses, notamment en matière de respect des droits des femmes peinent à ce stade à convaincre. Signe de cette défiance, plusieurs manifestations ont été organisées à Kaboul ces derniers jours par des militantes, rejointes par d’autres Afghans venus dénoncer la violente répression du régime dans le Panchir.

Le Panchir, où se trouvait la dernière poche de résistance armée au régime, « est très sécurisé maintenant, il n’y a pas de guerre », a assuré le porte-parole taliban. Interrogé sur les manifestations de samedi, dispersées parfois par la force par les talibans, il a souligné que ces derniers « n’étaient pas encore formés » à la gestion des manifestations.

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