Afghanistan : la France a mis fin à son opération d’évacuation vers Paris – Le Monde

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Des personnes évacuées d’Afghanistan par la France s’apprêtent, sur la base d’Al Dhafra, près d’Abou Dhabi, à prendre l’avion vers Paris, le 26 août 2021.

Au lendemain d’un attentat qui a fait au moins 85 victimes près de l’aéroport de Kaboul, la France a mis fin, vendredi 27 août dans la soirée, à son pont aérien vers Paris permettant d’évacuer des Afghans menacés par les talibans.

« L’opération Apagan, déclenchée le 15 août à la demande du président de la République, a pris fin ce soir », a tweeté Florence Parly, la ministre des armées. Près de 3 000 personnes, dont une centaine de ressortissants français et plus de 2 600 Afghans menacés pour avoir travaillé pour la France ou pour leur engagement en faveur des droits humains, ont été évacuées, a précisé l’état-major des armées.

Ce pont aérien a dû être interrompu, « les conditions de sécurité n’étant plus remplies sur l’aéroport » de Kaboul en raison du « désengagement rapide des forces américaines », qui auront quitté l’Afghanistan le 31 août, ont ajouté Florence Parly et Jean-Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères, dans un communiqué commun.

« L’équipe de l’ambassade de France à Kaboul a rejoint Abou Dhabi avant de regagner la France », ont-ils ajouté, en remerciant « diplomates, militaires, policiers et l’ensemble des services de l’Etat » qui se sont mobilisés « sans relâche » pour permettre ces évacuations.

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« La France reste mobilisée »

L’ambassadeur de France en Afghanistan, David Martinon, continuera à opérer depuis Paris, avait indiqué, jeudi, le président Emmanuel Macron. « Les derniers militaires français ont quitté Kaboul ce soir », a également tweeté l’état-major, qui avait dépêché une centaine de militaires sur place. Au total, l’armée française a assuré vingt-six rotations entre Kaboul et la base aérienne 104 d’Abou Dhabi, pivot du dispositif, et seize vols entre Abou Dhabi et Paris.

La France a annoncé qu’elle allait poursuivre ses discussions avec les talibans afin que des milliers d’Afghans qui n’ont pu être évacués puissent partir par d’autres moyens. Avec d’autres pays alliés, elle appelle à la mise en place d’opérations humanitaires.

« Nous poursuivrons à cet effet nos efforts engagés auprès des responsables talibans pour garantir qu’ils ne mettront aucune entrave après le 31 août au départ de ceux qui le souhaiteront », ont relevé les deux ministres. Florence Parly précise dans un autre tweet : « Cette opération prend fin, mais la France reste mobilisée pour permettre le départ de tous ceux qui doivent être protégés. »

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Discussions avec des représentants des talibans

Une délégation française a rencontré, jeudi à Doha, des représentants des talibans pour la première fois depuis qu’ils ont pris le pouvoir en Afghanistan , le 15 août. Ces discussions ont porté sur la situation à l’aéroport de Kaboul et les opérations d’évacuations, selon les deux parties.

Les talibans assurent que toute personne en possession de documents légaux pourra voyager à l’étranger et que l’aéroport civil va être rouvert pour permettre la reprise des vols internationaux.

Si elle a engagé ce dialogue, la France exclut toutefois des « discussions politiques » et une reconnaissance des talibans tant qu’un certain nombre de conditions ne seront pas réunies. Elle réclame notamment la garantie pour tous ceux qui le souhaitent de pouvoir quitter leur pays, l’engagement à ne pas laisser l’Afghanistan redevenir un sanctuaire du terrorisme islamiste et la mise en place d’un gouvernement élargi à d’autres composantes politiques.

« La vie diplomatique et les relations internationales, c’est parfois choisir entre de mauvaises options pour défendre au mieux ou le moins mal possible des intérêts et des valeurs », a toutefois relevé vendredi le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune.

En Europe, plusieurs pays avaient également annoncé la fin de leurs opérations d’ici à vendredi soir, à l’instar de l’Espagne, du Royaume-Uni ou de l’Italie. Le président américain, Joe Biden, a précisé jeudi que la date butoir du mardi 31 août était maintenue pour le retrait total des forces américaines.

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Le Monde avec AFP

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