Affaire Patrick Poivre d’Arvor : 23 témoignages, 8 plaintes et un classement sans suite – Le Monde

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Le journaliste et écrivain Patrick Poivre d’Arvor sur le tapis rouge du Festival de Cannes, le 25 juin 2021.

Depuis le début, l’enquête pour violences sexuelles visant Patrick Poivre d’Arvor souffre d’une architecture fragile : la seule plainte pour viol non prescrite sur les quatre déposées contre lui, la seule à même de déclencher l’ouverture d’une information judiciaire et un renvoi éventuel devant une cour d’assises, est la plus complexe à caractériser.

Cette plainte, c’est celle de Florence Porcel, une journaliste de 37 ans, pour des faits qui remontent à 2009. En l’état, le parquet de Nanterre a décidé, vendredi 25 juin, de prononcer un classement sans suite du dossier pour « insuffisance de preuves ». « Aucun élément ne permet de confirmer les propos de l’un ou de l’autre concernant l’existence de cette scène », écrit Catherine Denis, la procureure de la République. Les sept autres plaintes, dont trois pour viols et quatre pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel, ont également été classées. Toutes se sont heurtées au dépassement des délais.

Rarement autant de femmes, 23 au total, auront témoigné contre le même homme dans une affaire depuis l’émergence du mouvement #metoo en France. Mais la prescription et la difficulté à démontrer les faits ne permettent pas pour l’instant d’ouvrir des poursuites.

Lire notre enquête : De nouvelles accusations de violences sexuelles contre Patrick Poivre d’Arvor

L’ex-star du 20 heures de TF1, aujourd’hui âgé de 73 ans, n’a pas directement réagi. Sa fidèle assistante, Marie-Hélène Mille, a publié sur son compte Instagram un cliché d’elle adossée à un PPDA esquissant un sourire, le tout accompagné d’un hashtag « quelle bonne journée ». L’avocate de Patrick Poivre d’Arvor, Jacqueline Laffont, a pris acte, dans un communiqué, d’une décision « qui s’imposait au regard du caractère mensonger de ces dénonciations ». Elle estime que l’enquête a démontré « l’impossibilité matérielle des faits » ainsi qu’un « stratagème ourdi de longue date » par Florence Porcel afin d’assurer la publicité de son roman, Pandorini (JC Lattès, 220 pages, 18 euros), sorti en janvier.

Prise de conscience d’anciens collègues

Décrit comme « douloureux » par un certain nombre de femmes qui ont témoigné, ce classement sans suite n’est pour autant pas une surprise. « Cette décision montre une nouvelle fois les difficultés du système judiciaire à comprendre et à traiter les dossiers de violences sexuelles », ont rappelé Emmanuel Moyne et Joséphine Doncieux, les avocats de Florence Porcel, dans un texte transmis à la presse vendredi 25 juin dans l’après-midi. « Sur dix plaintes déposées pour viol en France, sept sont classées sans suite », ont-ils rappelé. Par leur intermédiaire, la journaliste et écrivaine s’est dite déterminée à « aller jusqu’au bout », et a déposé une plainte avec constitution de partie civile afin d’obtenir l’ouverture d’une information judiciaire, car « certains actes d’enquête n’ont pas été réalisés », insistent ses avocats. Si un juge accepte de se saisir, la justice sera une nouvelle fois confrontée à sa difficulté à judiciariser ces accusations de violences sexuelles.

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