Affaire Olivier Duhamel : LCI se sépare d’Alain Finkielkraut – Le Monde

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Alain Finkielkraut, en mai 2019, à Paris.

LCI se sépare de son chroniqueur Alain Finkielkraut, intervenant hebdomadaire de « 24H Pujadas », l’émission quotidienne de David Pujadas, à la suite des propos qu’il y a tenus lundi 11 janvier, a-t-elle annoncé en début de soirée. Dans une discussion avec le présentateur, le philosophe a tenté de relativiser les viols dont a été victime « Victor » Kouchner, le demi-frère de Camille Kouchner, autrice du livre La Familia grande (Seuil, 208 pages, 18 euros), dans lequel elle relate les crimes commis par son beau-père, le politiste Olivier Duhamel, sur son jumeau lorsqu’il était adolescent.

Lire l’enquête : Olivier Duhamel, l’inceste et les enfants du silence

Au début de l’échange, Alain Finkielkraut commence par condamner Olivier Duhamel : « Il n’a pas seulement commis un acte répréhensible. Ce qu’il a fait est très grave, il est inexcusable. » Mais, au fil d’une démonstration sur la question du consentement, M. Finkielkraut estime que, lorsqu’« on essaie » d’examiner les faits de pédocriminalité et qu’« on » se demande « y a-t-il eu consentement ? A quel âge ça a commencé ? Y a-t-il eu ou non une forme de réciprocité ?, on vous tombe immédiatement dessus ». Lorsque le présentateur lui rappelle qu’il parle, en l’occurrence, « d’un enfant de 14 ans », le polémiste rétorque : « Et alors ? D’abord, on parle d’un adolescent, c’est pas la même chose. »

Un précédent en 2009

Dans la foulée de l’émission, le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, Adrien Taquet, s’est insurgé sur Twitter : « Dans quel monde vivez-vous, Alain Finkielkraut ? Parlez-vous vraiment de consentement entre un adolescent et un membre de sa famille ? Vous entretenez l’omerta et le sentiment de culpabilité de l’enfant en suggérant qu’une forme de réciprocité est possible. » L’association féministe intersectionnelle Les Effronté.es a rappelé, sur le même réseau, qu’en 2009 déjà M. Finkielkraut, présentateur de l’émission « Répliques » sur France Culture, avait estimé que Samantha Geimer « n’était pas une petite fille, une fillette, une enfant » lorsqu’en 1977 Roman Polanski l’avait violée. La victime avait alors 13 ans.

Après Olivier Duhamel la semaine dernière, qui s’est retiré de toutes ses fonctions dès la révélation des crimes pour lesquels le parquet a ouvert une enquête pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans, c’est la deuxième fois en peu de temps que la chaîne d’information du groupe TF1 se retrouve obligée de se séparer de l’un de ses chroniqueurs. Mardi 12 janvier en début de soirée, la chaîne a fait savoir dans un communiqué qu’elle « condamnait » les propos tenus par M. Finkielkraut, et qu’elle faisait « du débat d’idées, argumenté et respectueux, une priorité de sa ligne éditoriale ».

Lire l’enquête : Sciences Po, cœur du pouvoir d’Olivier Duhamel

La direction de LCI doit par ailleurs trancher le cas de Darius Rochebin, qui n’est plus à l’antenne depuis la fin octobre 2020 après qu’une longue enquête du quotidien suisse Le Temps l’a accusé d’agissements à caractère sexuel inopportuns lorsqu’il travaillait à la RTS. Annoncée pour fin janvier, la décision de son retour pourrait attendre encore un peu, selon une source interne.

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