Affaire Griveaux : ce qu’il faut savoir sur Juan Branco – Le Figaro

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Traits juvéniles, coiffure ébouriffée, légère barbe ou petite moustache, selon l’occasion, le Franco-Espagnol Juan Branco, 30 ans, ne ressemble guère au Russe Piotr Pavlenski, au visage émacié, froid, taillé à la serpe, portant les cheveux ras. Les deux hommes sont toutefois liés dans l’affaire Benjamin Griveaux.

Le second a revendiqué la publication des vidéos intimes de l’ancien candidat LREM à la mairie de Paris ; le premier déclare n’être que son avocat, son conseil juridique, sans avoir participé directement à l’affaire. Mais sur plusieurs vidéos, il n’hésite pas à dire «on» pour parler de Pavlevski et lui. Lundi 17 février, Juan Branco crie au scandale car le parquet de Paris l’aurait dessaisi de son rôle d’avocat de l’anarchiste russe dans le présent dossier. Le barreau de Paris a finalement décidé, ce même jour, d’ouvrir une enquête déontologique pour déterminer s’il existe un éventuel conflit d’intérêts entre le jeune avocat et Piotr Pavlenski. Une nouvelle péripétie pour un jeune trentenaire qui n’en est pas à son premier coup d’éclat.

» À voir aussi – Affaire Griveaux: une enquête déontologique ouverte autour de l’avocat Juan Branco

Militant de gauche surdiplômé

Né en 1989 dans une famille privilégiée – père cinéaste et mère psychanalyste – il a étudié à l’École Alsacienne, un très huppé établissement privé du 6e arrondissement, où il a passé son baccalauréat. Son curriculum vitæ est long, très long. Diplômé de Sciences Po Paris et de l’École normale supérieure (après être entré sur dossier, et non selon la traditionnelle voie du concours, et sans avoir le statut d’élève-normalien), il a également étudié dans deux universités parisiennes (Paris-IV et Paris-I), où il a obtenu une maîtrise de littérature moderne, un master de philosophie politique, un autre de géopolitique, puis un doctorat de droit international.

Commençant une carrière d’enseignant-chercheur avant de l’interrompre, il a travaillé brièvement à l’Université de Yale aux États-Unis, à l’Institut Max Planck de droit international au Luxembourg et à l’université La Sapienza à Rome. Il a également travaillé au ministère des Affaires étrangères et à la Cour pénale internationale, institution à laquelle il a consacré deux livres. Selon son CV, il a également déclaré avoir été directeur de cabinet d’Aurélie Filippetti durant la campagne présidentielle de François Hollande en 2012. Celle-ci a depuis déclaré dans L’Express qu’il n’était qu’assistant parlementaire : «Il n’a jamais eu ce titre. Ce personnage est un grand manipulateur».

Essayiste à succès, «gilet jaune»

Juan Branco s’est surtout fait connaître avec son best-seller Crépuscule, pamphlet paru sur internet en 2018 et dénonçant les conditions de l’élection d’Emmanuel Macron, la proximité supposée du président de la République avec certaines grandes fortunes et, plus généralement, le microcosme parisien. Vendu à 100.000 exemplaires dans sa version papier, le livre est rapidement devenu populaire au sein du mouvement des «gilets jaunes», auquel il a apporté son soutien. Il était notamment présent sur place lorsque certains manifestants étaient entrés, en janvier 2019, dans la cour du porte-parolat du gouvernement, alors tenu par Benjamin Griveaux, en enfonçant la porte du bâtiment au moyen d’un engin de chantier. Sur Twitter, Juan Branco avait salué cette intrusion sans y avoir participé directement.

«Outing» de Gabriel Attal

Juan Branco a également été à l’origine d’une polémique après avoir révélé l’homosexualité du secrétaire d’État Gabriel Attal, lié par un Pacs avec le conseiller de l’Élysée Stéphane Séjourné. Sur Twitter, le militant de gauche a accusé celui-ci d’avoir eu une «promotion-canapé» en entrant au gouvernement. L’inimitié entre Branco et Attal semble remonter à l’École Alsacienne, où les deux jeunes trentenaires étaient élèves dans la seconde moitié des années 2000.

Avocat au RSA

Juan Branco avait déjà été, un temps, le conseiller juridique en France de Wikileaks et de Julian Assange, qu’il avait rencontré après s’être opposé à la loi «Hadopi 1» sur les droits d’auteur dès 2009. Ayant prêté serment en 2017, Il a été depuis l’avocat de Jean-Luc Mélenchon (mais ne l’est plus) et du «gilet jaune» Maxime Nicolle. Il perçoit néanmoins le Revenu de solidarité active (RSA) en 2018 et en 2019, déclarant exercer la profession d’avocat à titre bénévole. Selon son témoignage sur le site CuriousCat, cité en avril 2019 par L’Express , il n’aurait eu que «trois clients» en deux ans, dont son père. Juan Branco, qui est aussi journaliste selon sa biographie, n’en finit pas de faire parler de lui.

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