Affaire Duhamel: le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, démissionne – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

Le directeur de la grande école parisienne était fragilisé depuis la publication d’accusations d’inceste à l’encontre d’Olivier Duhamel.

La rumeur enflait depuis la mi-journée. C’est désormais chose faite: Frédéric Mion, a démissionné. Le directeur de Sciences Po Paris a annoncé sa décision par le biais d’une lettre adressée à la communauté éducative et étudiante de l’école. «J’ai trop de considération pour les hommes et les femmes qui servent notre école avec talent et passion pour accepter que leur action puisse être affectée par mes décisions. J’ai décidé de présenter ma démission aux membres de nos conseils et à la ministre de l’enseignement supérieur. J’espère qu’elle permettra le retour à la sérénité si nécessaire au travail de toutes et de tous», écrit-il.

Frédéric Mion était fragilisé depuis les révélations à l’encontre d’Olivier Duhamel, il y a quelques semaines. Accusé d’inceste dans le livre de Camille Kouchner «La familia grande», le politologue avait dû démissionner de la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP).

» LIRE AUSSI – SciencesPorcs: des étudiantes d’IEP dénoncent les viols qu’elles auraient subis

Après ces révélations, Frédéric Mion avait fait part aux étudiants de sa «stupeur» d’apprendre ces «faits très graves» par «des articles de presse». Quelques jours plus tard, le journal Le Monde révélait que le directeur de l’établissement avait été mis au courant en 2018 par l’ancienne ministre et enseignante Aurélie Filippetti des rumeurs qui couraient à propos d’Olivier Duhamel. «C’est vrai, je n’ai pas réagi après avoir été contacté par l’enseignante. Je n’ai pas percuté. Je n’ai pas entendu ce que cette personne cherchait à me dire. J’aurais dû trouver Olivier Duhamel. C’était un devoir élémentaire», avouait-il finalement, en ajoutant qu’il était prêt à «en subir les conséquences».

Des «erreurs de jugement dans le traitement des allégations»

«J’ai demandé à la cheffe de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) de diligenter au plus vite une mission afin d’établir la chronologie des faits, la responsabilité de chacun et les éventuelles failles dans l’organisation de la gouvernance», avait indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, quelques jours plus tard.

Une mission dont le rapport provisoire confirme «qu’aucun système de silence concerté ou de complaisance n’a existé au sein de notre établissement». «Il ne désigne aucun manquement dans la manière dont l’établissement a traité cette affaire et aucune défaillance dans notre gouvernance», précise Frédéric Mion dans sa lettre.

Toutefois, le rapport note également «des erreurs de jugement, dans le traitement des allégations» dont le directeur de Sciences Po a eu la communication en 2018 ainsi que «des incohérences» dans la manière dont il s’est exprimé sur le déroulement de cette affaire après qu’elle a éclaté. «Je mesure le trouble qui en résulte et j’en assume l’entière responsabilité», écrit Frédéric Mion.

«C’était inéluctable»

Aujourd’hui, de nouvelles révélations de Marianne avaient encore fragilisé un peu plus Frédéric Mion. D’après l’hebdomadaire, Marc Guillaume, l’ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet de Paris, avait été informé à deux reprises, dont une fois, par le directeur de l’établissement en personne de «problèmes sexuels» concernant Duhamel. «Mais pas d’inceste», a-t-il nuancé…

La communauté étudiante de Sciences Po réclamait depuis plusieurs semaines la démission de Frédéric Mion. Contacté par Le Figaro, le président de l’Unef Sciences Po, Thomas Le Corre évoque une décision «inéluctable»: «Il a menti à plusieurs reprises à tout le monde, à cause de lui, toute la communauté subit des attaques de toute part. Il était donc essentiel qu’il démissionne», exprime-t-il. Et de conclure: «Maintenant, le navire n’a plus de capitaine. Il va falloir reconstruire.»

Leave a Reply

%d bloggers like this: