Affaire Arthur Noyer : « Je n’ai pas voulu lui donner la mort », clame Nordahl Lelandais au premier jour de son procès – 20 Minutes

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Nordahl Lelandais a affirmé avoir tué Arthur Noyer sans avoir eu l’intention. — M. Williams/AFP
  • Nordahl Lelandais est jugé depuis ce lundi devant la cour d’assises de la Savoie pour le meurtre du caporal Arthur Noyer, en avril 2017.
  • Au premier jour de son procès qui doit durer jusqu’au 12 mai, celui qui est également soupçonné d’avoir tué la jeune Maëlys a affiché sa sérénité, répondant avec calme et politesse aux questions posées par la cour ou les avocats des parties civiles.
  • Si Nordahl Lelandais assure n’avoir « jamais voulu » tuer Arthur Noyer, les proches de la victime continuent de ne pas croire à cette version des faits.

A la cour d’assises de la Savoie,

La rumeur lui prêtait 20 ou 30 kilos de plus sur la balance. Elle disait aussi qu’il portait désormais une barbe hirsute mangeant une large partie de visage. Mais au premier jour de son procès devant la cour d’assises de la Savoie, où il est jugé pour le meurtre d’Arthur Noyer, Nordahl Lelandais a surpris son auditoire.

L’homme à la carrure de sportif et aux cheveux poivre et sel coupés court, a affiché sa sérénité, répondant avec calme et politesse aux questions posées par la cour ou les avocats des parties civiles. Restant aussi sur sa ligne de défense. « Oui, j’ai donné la mort à Arthur Noyer, reconnait-il, sans même être sur la défensive… Mais je n’ai jamais voulu ».

« Vie sexuelle animée »

Seulement, les proches de la victime n’ont jamais cru à cette version des faits. Pour eux, Arthur Noyer, disparu le 12 avril 2017, n’est pas décédé d’une chute causée par une pluie de coups de poing au visage, comme l’affirme le suspect qui sera interrogé mardi et jeudi sur les faits. L’accusation a même élaboré une théorie : Nordahl Lelandais, à la « vie sexuelle animée », avait l’habitude de « multiplier les partenaires sexuels tant masculins que féminins ».

Cette nuit-là, il était à la recherche d’une conquête éphémère et a repéré le jeune militaire, qui sortait de boîte de nuit fortement alcoolisé. « Arthur Noyer était en état de vulnérabilité car il n’était pas en possession de tous ses moyens physiquement », soulève l’accusation qui reviendra ces prochains jours sur les faits.

Loin des sautes d’humeur qu’ont pu lui prêter ses anciennes petites amies ou ses employeurs, Nordahl Lelandais répond posément aux questions les plus intimes. Les relations homosexuelles ? C’est arrivé une fois en 2016. « Par curiosité » et « non par attirance ». D’ailleurs, il le souligne : « embrasser un homme est impossible » pour lui. « Il n’y a pas eu de pénétration avec le sexe. Seulement des caresses avec les mains. Il m’a également fait des fellations », détaille-t-il sans se défiler, montrant un visage poli. Une image que viendront conforter les premiers témoignages de la journée.

Le soutien indéfectible de sa mère

« C’était un enfant désiré, doux et gentil », affirme la mère de l’accusé Christiane Lelandais, devant les jurés. Les problèmes d’alcool de son fils ? Elle ne les a pas vus. « Quand on lui servait un apéritif, son verre restait sur la table à midi. Dans sa chambre, il y avait des bouteilles d’eau et des sirops, pas d’alcool », assure-t-elle. La cocaïne ? Elle ne savait pas non plus qu’il en prenait. Quant à sa dépression en 2017 [année où ont été tués Arthur Noyer et Maëlys], elle la met sur le compte des problèmes amoureux.

Elle n’évoque d’ailleurs jamais ce qui est reproché à son fils, préférant rappeler les malheurs de son clan, les « soucis ». « J’ai été agressée à cause du nom Lelandais. J’ai même été obligée de reprendre mon nom de jeune fille. Nordahl y était peut-être pour quelque chose mais il n’y a pas que lui ».

A la barre, Christiane protège à sa façon son deuxième enfant : « Ce qui est dur, c’était d’aller voir Nordahl à l’unité psychiatrique. C’était un zombie. Ce n’était pas lui. Mais depuis, j’ai retrouvé mon fils. » « Eux, ils ne retrouveront jamais le leur », tacle alors Bernard Boulloud, l’avocat des parents d’Arthur Noyer.

Ce cadet à qui elle « fait confiance aujourd’hui » lui a « pourtant menti » en la regardant droit dans les yeux, lui rappelle le président de la cour. « C’est la sûrement la honte. Il n’est pas doué quand il faut cacher des choses », répond la mère de famille. Une aubaine pour l’avocat des parties civiles qui saisit la balle au bond et exhorte la témoin à arracher la vérité de la bouche de son fils.

« Je réitère mes propos »

« Nordahl, je te demande de dire la vérité et uniquement la vérité », finit par supplier Christiane Lelandais sous le regard des parties civiles. « Je vais le faire », promet l’accusé en s’adressant directement à sa mère.

« Je voudrais présenter mes excuses, commence ainsi l’ancien maître-chien alors que l’auditoire est suspendu à ses lèvres. La première chose que j’ai vue en rentrant dans la salle est cette photo d’Arthur Noyer. Mais si je ne regarde pas ses parents, c’est que je n’ose pas. Je ne me permets pas de les fixer. »

« Avez-vous d’autres choses à indiquer sur les faits que ce vous avez déjà dit ce matin », le presse alors le président de la cour. Silence. « Je réitère mes propos… Je n’ai pas voulu donner la mort à Arthur Noyer », conclut Nordahl Lelandais. Fin de l’échange. Christiane est subitement priée de retourner s’asseoir tandis que l’espoir retombe pour la famille Noyer. Le verdict est attendu le 12 mai.

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