Adolescente retrouvée morte noyée dans le Val-d’Oise : “Il ne faut pas laisser les enfants s’entre-tuer” s’ind – franceinfo

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“Il ne faut pas laisser les enfants s’entre-tuer” s’indigne mardi 9 mars sur franceinfo, Catherine Verdier, psychologue, spécialiste du harcèlement, après la mort d’une adolescente de 14 ans dans le Val-d’Oise. Elle est morte noyée dans la Seine à Argenteuil. Deux adolescents ont été mis en cause. L’un d’eux est soupçonné d’avoir diffusé des contenus intimes sur le compte Snapchat de la victime.

“Les ados ne se rendent pas compte que les conséquences du cyberharcèlement ne sont pas des conséquences virtuelles. Ce sont des conséquences bien réelles et ils ont du mal à intégrer ça parce qu’ils sont derrière leurs écrans”, poursuit Catherine Verdier qui a écrit un livre intitulé “L’Écologie scolaire. Pour en finir avec le harcèlement entre enfants”. Elle propose la mise en place de groupes de paroles, pour que la “parole se libère” chez ces jeunes.

franceinfo : Que vous inspire cette histoire ?

C’est épouvantable, c’est ignoble. Je voudrais aussi exprimer mes pensées aux parents et à la famille de la victime, mais c’est insupportable parce qu’aujourd’hui, au sens littéral du terme, les enfants se tuent entre eux. Je n’ai même pas de mots.

Cette affaire se déroule sur fond de harcèlement scolaire, avec des photos diffusées sur les réseaux sociaux. Est-ce un problème de plus en plus présent dans les établissements scolaires ?

En particulier pendant le confinement, ça a été une explosion de cyberharcèlement et beaucoup par rapport au sexting, c’est-à-dire l’envoi d’une photo de soi-même, dénudée ou en petite tenue, à une personne normalement de confiance, à un ami pour prouver son amour ou autre. C’est ce qu’on appelle le sexting consentie, ensuite là où on a cyberharcèlement, c’est lorsque le sexting est subi, c’est-à-dire que cette photo est reprise et re-balancée sur les réseaux sociaux et sur le Net. Le sexting détruit la e-réputation d’une personne en un clic.

Mais est-ce qu’on a vraiment conscience de l’impact psychologique que cela peut avoir sur ces adolescents en pleine construction ?

Les adolescents ne se rendent pas compte que les conséquences du cyberharcèlement ne sont pas des conséquences virtuelles. Ce sont des conséquences bien réelles et ils ont du mal à intégrer ça parce qu’ils sont derrière leurs écrans, parce qu’ils ne voient pas la victime, parce que c’est simple d’appuyer sur un bouton sans trop réfléchir, parce qu’ils sont en groupe, parce que tout le monde clique, tout le monde like. C’est très compliqué pour eux d’appréhender les conséquences sur la victime.

Comment lutter contre cela ? Comment trouver les bonnes solutions ?

Le harcèlement, Covid oblige, c’est vraiment le grand absent de cette année scolaire. Cette histoire vraiment épouvantable devrait faire réfléchir tout le monde, vous, moi, la communauté scolaire, le gouvernement, etc. pour qu’on en fasse une mobilisation générale et nationale. Il ne faut pas laisser les enfants s’entre-tuer comme ça. Il faut accompagner, il faut les encadrer, il faut les contenir, il faut se former, il faut s’informer. Bref, il y a beaucoup de choses à mettre en place.

Est-ce que les adolescents ont particulièrement du mal à s’exprimer pour évoquer des situations de harcèlement ?

C’est tout à fait vrai. Tout est fait pour qu’une victime reste enfermée dans son silence. La honte, la culpabilité, la solitude, tout ça fait qu’une personne victime de violences ne va pas s’autoriser à parler ou va avoir honte. Les ados, en plus, ont tendance à vouloir se débrouiller tout seul et par eux-mêmes. Donc faire appel à un adulte, c’est très compliqué et je pense qu’il faudrait proposer des groupes de parole. Et puis, que la parole puisse se libérer et pour ça les enseignants, les éducateurs, les parents doivent être formés pour accueillir aussi la parole. A quoi ça sert de parler pour un enfant si sa parole n’est pas entendue ?

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