ACTE IV – La capitale est placée sous très haute surveillance ce samedi, 4e week-end de mobilisation des Gilets jaunes. Alors que l’Elysée dit craindre des manifestations “d’une grande violence”, un dispositif de sécurité qualifié d’exceptionnel a été mis en place. Nombre de commerces et lieux culturels ont été priés de rester fermés. Plusieurs événements sont, eux, annulés, reportés ou aménagés. On fait le point.
Le centre de Paris prend des airs de “ville morte” et beaucoup redoutent le pire. Alors que “l’acte IV” de la mobilisation des Gilets jaunes doit avoir lieu samedi, la crainte de revivre des débordements pareils sinon plus graves à ceux qui ont émaillé la manifestation du 1er décembre dans les rues de la capitale est bel et bien présente. L’Elysée dit s’attendre à des événements “d’une grande violence”, avec des milliers de personnes qui viendraient potentiellement pour “casser ou tuer”. 

De quoi pousser les autorités à multiplier les appels au calme ces dernières heures, même si nombre de citoyens en colère y restent imperméables. De fait, sur les réseaux sociaux, les mots d’ordre continuent d’évoquer un renversement des institutions et d’Emmanuel Macron. Pour limiter au maximum le risque d’incidents, la Ville lumière promet donc d’être en partie éteinte.

Où vont se rassembler les Gilets jaunes ?  Si les Champs-Elysées et leurs abords, notamment la place de l’Etoile, devraient concentrer l’essentiel de la mobilisation dès les premières heures du jour, plusieurs zones de la capitale pourraient également être impactées. C’est le cas de la place de la Bastille et ses environs, de la porte Maillot, ainsi que du périphérique parisien, où plusieurs Gilets jaunes ont appelé à se rassembler. Comme samedi dernier, les alentours des institutions sont eux aussi totalement verrouillés. Idem pour les quartiers autour de la rue de Rivoli ou de l’Opéra, théâtre de violences la semaine passée. 

Les secteurs interdits. La préfecture a pris un arrêté interdisant les manifestations dans un périmètre englobant les abords du palais de l’Elysée, les Champs-Elysées, la Concorde, une partie du Quai d’Orsay, les abords de l’Assemblée nationale et de l’hôtel de Matignon. Au total, 18 points de la capitale sont considérés comme sensibles. À ceux déjà cités s’ajoutent : la Défense, la Grande Armée, le Trocadéro, les Ternes, Beaugrenelle, les Invalides, la rue de Rennes, le quartier Latin, Saint-Augustin, Vendôme, Louvre, Châtelet, Bercy, Victor Hugo et Roosevelt. 

Les entreprises du BTP y ont été priées de sécuriser leurs chantiers, de sorte à éviter que du matériel soit utilisé à des fins de violences. La mairie de Paris a fait retirer des rues 2000 éléments de mobilier urbain susceptibles de servir d’armes, des centaines de grilles d’arbre et de barrières de chantier, ainsi que plus de 200 poubelles de verre.