« Accueillir la misère, oui, les assassins, non » : partout en France, l’émoi devant les églises après l’attentat de Nice – Le Monde

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Devant la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice, le 29 octobre.

A 15 heures, avant qu’Emmanuel Macron n’intervienne devant la basilique Notre-Dame de Nice pour « dire le soutien de la nation tout entière aux catholiques de France et d’ailleurs », nombre de personnes, croyantes ou non, se sont retrouvées sur le parvis ou à l’intérieur des églises, qui ont sonné le glas en hommage aux trois victimes de l’attaque perpétrée à Nice, jeudi 29 octobre.

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« Un moment de recueillement où on se tait, on calme nos passions pour se sentir tous unis », pour Benjamin et Estelle, venus se recueillir devant Notre-Dame de Strasbourg, main dans la main. A leurs côtés, Geneviève fixe la flèche de la cathédrale : « Cette belle dame en a vu d’autres, dont des guerres de religion. Mais là ce n’est pas une question de religion, c’est une question de fascisme islamiste. »

Sur le parvis de Notre-Dame de la Garde, à Marseille, se côtoient militaires de l’opération « Sentinelle » déployés dans le cadre du plan Vigipirate, policiers municipaux et touristes, nombreux en cette période de vacances. « Nous portons un regard de tristesse, de douleur mais aussi de lucidité sur ce qui s’est passé à Nice », souligne le recteur de la basilique, Olivier Spinosa. Pour lui, « il faut arrêter cette situation, mais éviter que la violence engendre la violence ». Sylvie Ala, 63 ans, juge la situation « catastrophique » et estime que « le gouvernement devrait être plus sévère » : « Accueillir la misère, oui, les assassins, non. »

« Une guerre, ce n’est pas ça »

A Bordeaux, le sacristain de la cathédrale Saint-André, Roland Dubois, a pris connaissance de l’attaque de Nice alors qu’il était occupé à mettre en place son plan de confinement. « J’ai toute la cathédrale à préparer », souffle-t-il. Il se dit « forcément inquiet » et déterminé à la fois : « Si on ferme, et qu’on n’accueille plus personne, cela voudra dire qu’on a été battus. » Avant que les messes ne soient annulées à partir de dimanche, pour cause de reconfinement, des fidèles allument des cierges. Anne, 43 ans, en vacances, est passée avec ses enfants. « On n’a déjà pas le droit de sortir dans la rue avec le confinement, et là on ne peut même plus exprimer sa foi ? », s’indigne celle qui se dit croyante mais peu pratiquante.

A Mordelles (Ille-et-Vilaine), commune proche de Rennes, Marie-Claude, une retraitée, avait « besoin d’allumer des cierges », car « nous vivons une horreur incompréhensible qui fait peur ». Anne, une autre retraitée, a ressenti, elle, « le besoin de venir à l’église pour rendre hommage aux victimes » : « Après ce que l’on vient de vivre, j’aurais souffert de trouver porte close. » Elle balaie d’un revers de la main des larmes qui perlent : « Je suis émue. Bouleversée. J’ai entendu le mot guerre aux informations. Mais une guerre, ce n’est pas ça. On ne tue pas des innocents qui prient… »

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